Equipée inoubliable à 4 en
BOLIVIE
Année 2013
La Paz
Salar d'Uyuni
Parc National Avaroa
Informations générales
Visa
Validité du passeport 6 mois après le retour.
Vaccination
Pas de vaccination obligatoire.
Question Argent
1 euro = 9 bolivianos
Question hébergement
Chacun de nos hébergements est choisi sur place. Denise examine toujours la chambre avant d'y poser les sacs.
Nous avons toujours privilégié l'intuition et le « feeling » dans nos décisions, ce qui ne nous a jamais posé de souci.
La Paz
Hospedaje Arth'ys
Avenida Montes.
Auberge familiale située en plein centre-ville. Chambres à la propreté irréprochable. Cuisine à disposition. Salles de bains partagées. Établissement calme et sécurisé. 85 bolivanios la nuit.
Adresse à recommander.
Salar d'Uyuni
San Pédro De Quemes
Hôtel construit avec des briques de sel (murs et lits). Établissement très simple et propre. Eau chaude. Lit confortable.
Hébergement compris dans les prestations de l'agence.
Laguna Colorada
Dortoirs rudimentaires. Électricité uniquement de 19 h à 21 h. Eau froide le matin pour les retardataires. Pas de chauffage. Nuit et petit-déjeuner dans le froid.
Hébergement compris dans les prestations de l'agence.
Question transport
BUS
Puno-La Paz
Compagnie PérouTour. Bus semi-cama. Sièges inclinables. 255 kilomètres. 5 heures de trajet. 40 soles par passager.
La Paz-Uyuni
Compagnie Flota Panamericana. Bus semi-cama remplacé par un bus local. Confort rudimentaire. Sentiment d'insécurité routière sur les routes de l'Altiplano. 540 kilomètres. 10 heures de trajet. 90 bolivanios par passager.
Uyuni-La Paz
Compagnie Panasur. Bus semi-cama. Plus de confort que lors du voyage aller et davantage de sécurité. 100 bolivanios par passager.
Les deux compagnies ne sont pas à recommander.
Bus touristique et économico. Un moyen de transport économique répandu, mais effectué par des véhicules au confort rudimentaire. La sécurité n'est pas fiable. Pas d'horaires fixes. La promiscuité est de règle. Vendeurs d'en-cas et bonimenteurs proposant des livres ou des produits médicinaux lors des nombreux arrêts.
Le transport est contraignant et demande de la patience. Pour un touriste curieux, c'est une façon de s'immerger dans la culture et le quotidien des Boliviens.
Terminaux routier
Le fonctionnement des terminaux est toujours bien organisé, mais il ne faut pas relâcher son attention sur les bagages.
Les tarifs sont affichés dans les bureaux de vente, mais en fonction de l'instant, il est possible de bénéficier d'une réduction... ou de payer le prix fort !
Les terminaux sont toujours bruyants ; les haut-parleurs diffusent en continu les appels de départ, l'agitation de la foule de voyageurs, les cris des « aboyeurs » qui crient à tue-tête le nom des destinations, pour attirer les clients vers leur compagnie, le vrombissement des moteurs et les coups de klaxon.
Terminaux des combis
Ils sont toujours regroupés dans un quartier, près d'un marché de rue. Le chaos sonore est permanent dès la pointe du jour. Moyen de transport indispensable pour la population, les véhicules ne partent qu'une fois complets ; les horaires sont très variables.
Question au quotidien
1 litre d'eau : 6 bolivanios. 1 menu local : 20 bolivanios. 1 menu touristique : 50 bolivanios. 1 empanada : 4 bolivanios.
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Carte et itinéraire
Flèche rose : trajet aller Copacabana- La Paz-Salar d'Uyuni-Laguna Colorada.
Flèche bleue : trajet retour Laguna colorada-La Paz.
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Dimanche 13 octobre 2013
C'est notre dernier jour au Pérou avec Benjamin et Manuela.
À 8 heures, nous grimpons dans un bus semi-cama à Puno, la dernière grande ville du Pérou qui borde les rives du lac Titicaca, avant d'entrer en Bolivie.
Denise et moi, nous reviendrons au Pérou à la fin de notre grand tour à deux en Bolivie.
Les massifs montagneux, avant la frontière, sont encore recouverts d'une fine pellicule de neige. Un épisode neigeux et froid s'est abattu sur la région dans les semaines précédentes, un évènement qui ne s'était plus produit depuis 30 ans.
Le passage de la frontière, entre le Pérou et la Bolivie, par Yunguyo n'est pas compliqué.
Sous la responsabilité d'un accompagnateur, tous les passagers descendent du bus. L'homme nous guide à chaque étape. Les deux postes d'immigration sont séparés de quelques centaines de mètres.
1re phase : arrêt à un bureau de change. Les employés, peu nombreux, sont débordés par l'arrivée massive des touristes.
Nous effectuons à pied une centaine de mètres entre des étals de petite restauration vers un contrôle de la police péruvienne. Deux coups de tampon : un pour l'immigration et un pour la douane.
2e phase : le passage au poste de police est effectué avec succès. Il faut marcher ensuite sur 200 mètres pour arriver au poste d'immigration bolivien. Sans un sourire, les employés nous délivrent un tampon pour le visa et un pour la douane...
Le terminus du bus est Copacabana, à 8 kilomètres. Nous effectuons le court trajet sous un orage de grésil.
La ville, à 3 800 mètres d'altitude, est connue pour ses fêtes religieuses. C'est depuis son port que les bateaux appareillent pour explorer la Isla del Sol et la Isla de la Luna.
La poursuite de notre voyage passe par un changement de bus, un élément prévu lors de l'achat des billets.
Nous prenons un repas dans un comedor du port. La trucha est la reine des menus.
Le ventre contenté, nous allons flâner sur la jetée pour regarder le va-et-vient des passants dans la baie en forme de croissant.
La petite halte est terminée. Nous grimpons dans un nouveau bus... et un nouveau chauffeur.
Les paysages andins et les rives du lac sont magnifiques.
À San Pédro de Tiquina. il n'y a pas de pont. Pour traverser le détroit de Tiquina, qui unit les lacs Chucuito et Huinaymarka, le passage du bus, avec tous les bagages dans la soute, se fait sur une barge rudimentaire.
Les passagers s'entassent dans de petites embarcations... Court instant d'aventure !
Sans souci, nous accostons sur la rive opposée, à San Pablo de Tiquina.
La suite du voyage est une enfilade de découvertes et de paysages majestueux. La route atteint son apogée lorsqu'on longe les montagnes qui percent les nuages et les sommets enneigés de la cordillère Real. Le décor est spectaculaire...
Conduire dans le pays réserve des surprises ; le trajet est une succession de portions de route asphaltée et d'autres, en un revêtement caillouteux. Nous croisons de vieux véhicules anciens ou surchargés jusqu'à La Paz.
Enfin, le chauffeur entre dans le terminal à 17 heures. Denise a repéré sur le Guide du Routard, une auberge de jeunesse, l'Arth'ys guest house. L'établissement, situé idéalement dans le centre-historique est dirigé par les membres d'une famille très sympathique.
Nous réglons nos montres, le Pérou à 1 heure de retard sur la Bolivie.
Nous laissons Manuela et Benjamin s'installer, nous, nous allons réserver au terminal de bus, 4 billets pour le lendemain... Destination, le Salar d'Uyuni dans le sud du pays.
Le jour diminue progressivement, la lumière rasante offre des teintes douces sur la façade de la Basilique San Francisco.
De style baroque, sa façade est couverte de bas-reliefs. Un musée est accolé sur une partie latérale, mais à cette tardive, l'édifice est fermé.
En face, le Mercado Lanza abrite des dizaines de stands de restauration. Ce soir, pas d'empanadas, mais des pizzas !
Lundi 14 octobre 2013
Nous prenons le petit-déjeuner dans la cuisine de l'auberge. C'est donc plein d'énergie que nous partons dans les rues escarpées et sinueuses.
L'espace urbain de La Paz s'articule autour d'un dénivelé spectaculaire de plus de 1 000 mètres d'altitude, entre les quartiers résidentiels de la zone sud et le haut plateau d'El Alto, refuge des classes défavorisées.
Deuxième ville du pays (2 millions d'habitants) derrière Santa Cruz, elle est la capitale la plus haute du monde, entre 3 500 et 4 000 mètres.
La cité est encaissée dans une vallée, deux géants l'entourent : le Huayna Potosi (6 090 m) et le Nevado Illimani (6 460 m).
À chaque coin de rue, une surprise, un nouveau point de vue ! La marche est sportive avant d'atteindre le mirador Killi Killi.
Enfin ! Nous arrivons au sommet de la colline de Santa Barbara. La récompense est au bout ; nous pouvons saisir l'immensité de la cité, bâtie au cœur de l'impressionnante cuvette.
Les gratte-ciel du centre-ville, encerclés par des maisons en briques rouges qui s'accrochent à perte de vue, le long des parois montagneuses. Un panorama unique à 360° !
Nous dévalons les petites rues vers l'hypercentre. Toutes les ruelles du quartier mènent à Plaza Murillo et au quartier colonial. Les principales activités se déroulent ici. Quelques rues ont conservé l'architecture espagnole coloniale ; des façades aux murs colorés en ocre et des balustrades en fer finement ouvragé, mais aussi en maçonnerie.
La statue principale de la place, est dédiée au héros de l'indépendance, Pedro Domingo Murillo, l'homme qui a conduit la rébellion bolivienne, contre l'envahisseur espagnol, en juillet 1808.
Le temps est doux, de nombreux passants, des touristes et des femmes, en tenues traditionnelles, déferlent sur la place et tournicotent au milieu des pigeons. La majorité semble indifférente à trois imposants monuments qui marquent fortement le paysage du quartier.
Le pouvoir religieux est représenté par la Basilique Cathédrale Métropolitaine. De style néo-classique, elle possède d'exceptionnels vitraux. Des clochers surmontés de coupoles donnent un effet de gigantisme.
Le pouvoir politique est incarné par deux bâtiments.
Le premier, est le Palais du Gouvernement, appelé Palacio Quemado (Palais Brûlé) il sert de résidence du chef de l'État et de siège du gouvernement depuis le XIXe siècle.
Ce palais imposant, d'architecture coloniale, n'est pas ouvert à la visite.
La sécurité du Palais est assurée par une garde d'honneur. Les soldats, sont reconnaissables à leur uniforme d'apparat, qui comprend une tunique de couleur rouge vif et d'un képi rouge et noir pour certains et blanc et vert pour d'autres. Un fusil avec une baïonnette au canon pour les hommes de rang et un sabre pour les officiers.
L'autorité politique, est représentée aussi par le Palacio Legíslavo (Palais des Congrès). À deux pas de la cathédrale, c'est le siège officiel du Parlement bolivien.
Inauguré en 1 905, le palais, avec sa façade d'architecture classique, teinte en blanc et en ocre, est orné de trois drapeaux et d'une horloge.
Sur le côté sud de la Place Murillo, le Point Zéro des routes boliviennes est indiqué par une plaque commémorative en bronze.
Un instituteur s'adresse à sa classe. D'une manière vivante, il donne des explications sur son origine, qui remonte au temps des Espagnols.
Nous déambulons dans les ruelles du quartier historique. Le Mercado Lanza, est un lieu de vie incontournable, où se croisent les habitants et les visiteurs. Le marché à le look d'un parking géant.
Des dizaines de commerces sont répartis sur 4 niveaux reliés par des rampes d'accès. Au rez-de-chaussée, ça grouille de vie entre les étals de fleurs et de vêtements. Il faut grimper dans les étages pour trouver les fruits, les légumes et les viandes.
Dans cette caverne d'Ali Baba, les vendeurs communiquent avec leurs clients en aymara et en espagnol.
Le dernier étage est le temple des gargotes. Les tables sont pleines à craquer de Pacenos. Au milieu des travailleurs et de quelques touristes curieux, nous nous régalons, pour des prix dérisoires d'une soupe et des papas rellenas. De nouvelles saveurs, accompagnées d'un verre de jus de fruits frais.
La Paz abrite de nombreux points d'intérêts touristiques, dont l'incontournable et insolite Marché des Sorcières appelé par les pacéniens "Mercado de las Brujas" ou encore "Mercado de Hechiceria". Il est situé au croisement de la Calle Linares et la Calle Jimenez.
Pour les Boliviens, c'est le rendez-vous pour honorer les Traditions et les superstitions !
Pour les touristes, le marché est une attraction incontournable...
Le marché est tout à fait à l'image de son nom. Les commerces et les étals dans les rues sont colorés et flamboyants. Les plus nombreux, proposent des vêtements artisanaux et des souvenirs "Made in China", pour les touristes étrangers.
Mais le marché est surtout une expérience culturelle et un intrigant aperçu des rituels ancestraux. Des becs de toucan, des grenouilles et des serpents séchés, utilisés dans des cérémonies.
Tout se vend... Tout s'achète ! Les mamitas, assises sur un bout de trottoir vendent une multitude d'herbes, d'épices et de graines : combinés dans un mélange complexe, les produits peuvent guérir une infection, apaiser une douleur ou satisfaire un souhait...
Le marché gagne en notoriété grâce à la vente de fœtus de lama, utilisé comme offrande, à la déesse de la terre Pachamama.
L'explication nous est donnée par une vendeuse.
Pour une jeune mariée, porter un embryon de lama séché en grigri, permet de lutter contre la stérilité... Peut-être la clé d'une vie amoureuse heureuse !
Lors de la construction d'une maison, les nouveaux arrivants enterrent un fœtus dès la première pierre posée, pour attirer la bonne fortune et protéger les lieux.
Des étals proposent des talismans et des effigies, pour conjurer le mal et l'impuissance, des potions pour tomber amoureux. Plus habituels dans le pays, des sacs de coca sont ouverts. Les consommateurs en achètent sous forme de petits sacs d'une livre, destinés à la consommation en infusion ou à la mastication.
Croyances et superstitions, l'héritage des indiens Aymaras n'est pas près de s'éteindre.
Nous sommes dans le monde de la sorcellerie et de la médecine traditionnelle. La découverte est étonnante et fascinante.
Nous reprenons notre errance. La capitale ne se visite pas seulement avec les yeux, elle s'écoute ! Le chaos domine dans les rues : des embouteillages dans une effervescence permanente.
Pour un piéton qui s'engage à traverser une rue, c'est un petit défi... Mon attention est captée par le vrombissement des vieux bus multicolores. Les « micros » font partie de l'identité de la capitale.
Les conducteurs règnent en maître absolu sur les ruelles abruptes. Ces mythiques bus légendaires, sont de vieux Dodge ou Ford des années 1950 à 1970. Bariolés et poussifs, ils crachent une épaisse fumée noire.
Réinventés par des artisans, les micros ressemblent à des œuvres d'art. Le capot est proéminent, les lignes chromées sont rutilantes et la carrosserie est peinte de couleurs vibrantes.
Monter à l'intérieur, c'est pénétrer dans un autre monde : des icônes sacrées, des peluches en suspension ou encore des slogans militants.
Nous récupérons deux sacs légers à l'auberge et nous laissons le reste en consigne à la réception.
Arrivés au terminal routier à 19 heures, nous constatons une mauvaise surprise... Nous allons faire le trajet dans un vieux bus local.
Pour Manuela, un adieu au siège inclinable promis hier... Le voyage de nuit s'annonce très difficile...
La route est en grande partie goudronnée. Assis juste derrière le conducteur, je surveille son état de vigilance. Si Denise et moi, nous sommes habitués à voyager ainsi, nous souhaitons offrir à nos enfants plus de sécurité...
Le chauffeur effectue un long arrêt à Oruro. Les voyageurs peuvent se restaurer et aller aux toilettes. Nous apprécions ce moment de répit, car il permet de renouveler l'air intérieur...
Adepte du voyage local et authentique, nous voilà servis ! Entre les passagers assis dans l'allée centrale, l'odeur des aliments et les effluves de pieds un peu trop prononcés, l'ambiance est difficilement respirable... C'est un peu l'aventure !
Flota Panamericana est une compagnie à éviter. Même des locaux nous l'ont confirmé à l'arrivée.
Mardi 15 octobre 2013
Depuis Oruro, le trajet se poursuit sur une piste poussiéreuse. Au lever du jour, je contemple les paysages de l'Altiplano. Les étendues sauvages et arides s'étirent jusqu'à l'horizon.
Le jour se lève à l'approche à l'approche d'Uyuni. Dans cette immensité rocailleuse uniforme, la silhouette des volcans de la Cordillère se découpe.
Vision peu reluisante d'une Bolivie bien loin de ses joyaux. Des déchets plastiques jonchent le sol sur une dizaine de kilomètres avant l'entrée dans la ville.
À 7 heures, le conducteur entre dans le terminal routier. Il fait frais à cette heure matinale, la ville est située à 3 670 mètres d'altitude.
À la descente du bus, les passagers locaux nous conseillent de réserver sans attendre les billets d'autocar pour le retour, jeudi, 17. La compagnie Panasur à notre préférence.
Face à l'horloge municipale, nous trouvons un restaurant ouvert pour le petit-déjeuner.
Avant de partir de France, Claude et Régine, nos amis Bordelais, ayant voyagé en Bolivie deux ans plus tôt, nous avaient conseillé l'agence "Turismo El Desertio". Cette recommandation s'avérera être d'une grande pertinence.
Dans les bureaux de l'agence, nous concluons le tour pour chacun : 700 bolivanios +150 bolivanios pour l'entrée du Parc Avaroa +30 bolivanios pour l'Ile aux Cactus et 10 bolivanios pour la salle d'eau de l'hôtel de sel à San Pédro) le total individuel est de 890 bolivanios (environ 90 euros). Le logement, le transport et la nourriture sont compris dans le prix. Le chef de l'agence nous détaille l'itinéraire prévu.
Turismo El Desertio
www.turismodesiertosalar.com.
Email : turismoeldesiertouyuni@bolivia.com
Agence à recommander.
Pédro, notre chauffeur-guide, vient nous récupérer à l'agence. Nous effectuerons cette excursion à bord d'un 4x4 tout confort, accompagnés de deux voyageuses autrichiennes.
La première halte débute au Cementerio de Trenes (Cimetière des Trains). Dans un décor de western, le site se trouve à 3 kilomètres de la ville. C'est un cimetière pas comme les autres... De vieilles locomotives à vapeur, des wagons et de nombreuses parties de trains désossés, s'entassent et subissent les agressions du désert : le vent salé et le froid. La rouille ronge la ferraille des premiers trains à vapeur du chemin de fer Bolivien.
Uyuni fut un axe de trains important, de par son emplacement à la frontière avec le Chili et sa proximité avec les mines d'étain, d'argent et d'or de Potosi. Mais du fait de tensions politiques entre les deux pays, et une crise du minerai, Uyuni s'est trouvée à l'abandon.
Le site, libre d'accès, n'est pas clôturé et ne possède aucun baraquement.
Devenu un lieu touristique incontournable, la quasi-totalité des excursions vers le Salar d'Uyuni intègre un arrêt au cimetière.
Le grand cimetière est submergé par la foule et les photographes. Rien de spectaculaire, mais les carcasses sont un témoignage du passé ferroviaire bolivien et l'accès à l'Océan Pacifique.
Nous nous dirigeons vers le village de Colchani. Le ciel est dégagé et un soleil blanc, semble brûler l'immensité du Salar, lorsqu'on dépasse les premières maisons du petit bourg.
Un vent léger s'est levé, ici, il fait frais toute l'année, à 3 655 mètres d'altitude. La majorité des habitants vivent de l'exploitation du sel. C'est la seule activité économique : ils l'extraient par blocs ou en grain. Du travail à coup de pics et de pioches... Un boulot dur et pénible, payé chichement.
Le quinoa royal, est la seule culture possible dans les sols pauvres, salés, et soumis à des gelées fréquentent.
Depuis peu, le tourisme a connu un tournant décisif... Les touristes en quête d'insolite y découvrent les monticules de sel, des sculptures taillées dans le sel et des textiles en alpaga. Le Museo de la Llama y la Sal est la seule halte culturelle.
Le village, avec ses rues en terre battue, conserve un aspect rudimentaire. Les maisons traditionnelles sont construites en adobe, avec des toits en tôle ou en chaume, d'autres maisons, sont en murs de briques de sel.
Après cette halte, Pédro nous conduit vers le centre du Salar.
Le paysage est une immense étendue blanche immaculée. Il nous semble rouler sur la glace. Tout autour de nous, les ouvriers ont aligné des petits monticules de sel pyramidaux. En séchant, le sel forme des prismes qui se répètent à l'infini.
Éblouissant désert de sel, couvrant 12 000 km2 : plus grand que la Corse.
La première étape dans la Plaine saline est consacrée au déjeuner. Pédro, gare le véhicule à hauteur de l'hôtel de sel Playa Blanca.
Tout autour du bâtiment, une multitude de drapeaux flottent au vent... Quelle entrée insolite !
La signification est assez vague, Pédro nous affirme que les centaines de drapeaux ont été plantés par les voyageurs du monde entier.
Cette étape, est la halte privilégiée des agences de voyages, pour effectuer une pause-déjeuner ou un pique-nique en plein air.
Notre guide nous a préparé le déjeuner à l'arrière de la voiture. La présentation est soignée, pleine de délicatesse. Le repas est aussi bon que beau. Assiette à la main, nous nous asseyons sur ce tapis blanc. Une toute nouvelle expérience pour un moment unique !
Le lac salé est né du soulèvement des plaques tectoniques andines. Il s'est élevé peu à peu, pour atteindre 3 750 mètres d'altitude.
La lumière du soleil nous aveugle, le sel crisse sous nos pas, dans un silence de plomb, nous nous prêtons au jeu des photos, comme tous les touristes, guidés par l'inspiration du moment.
Sous le soleil toujours aussi éclatant et la température qui ne dépasse pas les 12 °C, nous reprenons notre périple.
L'horizon a disparu, la distinction entre le sol et le ciel s'est effacée, comme balayée par une réverbération aveuglante. Après des kilomètres de vide absolu, une forme sombre apparaît au loin sur l'océan de cristaux.
À bord du véhicule, le silence s'installe, lorsque l'on aperçoit l'Isla Inca Huasi. Dès que l'on pose le pied aux abords de l'ile, le contraste est saisissant.
Le sol est constitué de coraux pétrifiés et couverts de Cardones (des cactus géants). Le plus haut, atteint 12 mètres et le plus âgé à 1 200 ans. Ces plantes grandissent d'un centimètre par an.
Venus de Patagonie, un couple de baroudeurs américain, fait une halte dans le Salar, avant de rentrer aux États-Unis. Ils sont stationnés avec leur grand van 4x4 en bois, un véhicule ancien qui ne passe pas inaperçu.
Un sentier grimpe vers le sommet. L'ascension est rude, chaque pas exige un effort physique, l'oxygène est plus rare à cette altitude. Là-haut, la vue est imprenable sur un panorama à 360°... La nature sauvage est totalement préservée.
Le site est unique, pour le plaisir des yeux... Et le plaisir des photographes.
Hélas, il faut retourner au véhicule. Pédro, installé au volant, trépigne d'impatience, il prend la direction du petit village de San Pédro de Quemes.
En bordure de piste, les lamas domestiques ne sont pas farouches, contrairement aux vigognes au magnifique pelage. Craintives, elles s'enfuient dans les maigres pâturages.
Première nuit dans un hôtel construit en pierres de sel !
Le décor à l'intérieur, est sublimé par des éléments en bois de cactus, qui apportent une touche profondément insolite à l'endroit.
Le confort est remarquable au cœur du désert : le repas est succulent, l'eau est chaude, la literie douillette et la température ambiante est idéale. Le top du top...
Nous faisons la connaissance de Jean et Christine, deux Français très sympathiques et volubiles. En bons voyageurs, nous échangeons les meilleures anecdotes et les bons plans.
Mercredi 16 octobre 2013
Le jour pointe, nous quittons l'hôtel en direction du sud. Finis les vastes étendues de sel, Pédro met le cap vers la Réserva Nacional De Fauna Andina Eduardo Avaroa, un parc de 7 150 km². Son altitude varie de 4 000 à 6 000 mètres d'altitude.
En étudiant un dépliant, j'ai découvert les richesses de la réserve : 80 espèces d'oiseaux, dont 3 sortes de flamants, des mammifères endémiques, dont des viscaches, des nandous, des lamas et des vigognes.
Le Parc, abrite aussi des centaines d'espèces végétales, et les incontournables lagunes colorées.
Le temps est clément, un peu frais, lorsqu'on longe la chaine volcanique qui sépare la Bolivie du Chili.
La piste déroule au cœur d'un vaste paysage aride, de couleur ocre, face à nous, la force des vents balaye les plaines d'altitude, en créant des tourbillons de poussière, transformant l'immensité aride en un tableau mouvant et spectaculaire.
À San Juan de Rosario, Pédro nous propose une halte à l'Espace Funéraire Nécropolis. Il nous donne des explications sur ce site pré-hispanique datant du XIIe au XVe siècle. La nécropole est composée de 45 tombes en corail. Certaines, noyées dans le sable, renferment les ossements dans une position fœtale. Des objets entourent les restes des chefs Aymaras.
Pédro semble se réjouir d'avoir fait sensation !
La piste croise l'interminable voie ferrée qui reliait Uyuni à Ollagüe au Chili. Ce long ruban de métal rouillé, faisait partie du réseau Ferroviara de Antofagasta a Bolivia, qui historiquement, acheminé les minerais vers les ports du Pacifique. Nous entrons dans le Salar de Chiguana...
À cheval sur la frontière avec le Chili, le majestueux volcan Ollagüe du haut de ses 5 865 mètres, domine les étendues arides du Salar. Dans ce décor lunaire, fait de coulées de lave pétrifiées, des fumerolles s'échappent de son sommet.
Notre expédition nous mène vers l'un des joyaux du parc : Les Lagunas. Dans ce milieu inhospitalier, la nature s'exprime dans toute sa splendeur sauvage, en dévoilant une palette de couleurs, qui varie au gré de la composition minérale de ses eaux.
La Laguna Cañapa est une lagune d'environ 1,40 km² située à 4 300 mètres d'altitude.
Au milieu d'une immensité plate, entourée de volcans, ses rives sont recouvertes d'une croûte saline blanche, qui tranchent avec le bleu de ses eaux.
Sous le regard des vigognes, d'importantes colonies de flamants roses s'alimentent des micro-organismes. Il y a peu de monde, égoïstement, nous prenons le temps de savourer ces instants de sérénité.
La route du sud-Lipez réserve de belles surprises.
30 minutes sur la piste en terre, et Pédro gare le 4x4 aux abords de la Laguna Hedionda. Ce lac de 3 km², et à 4 120 mètres d'altitude, possède un nom bien particulier, il se traduit par « Lagune Fétide ».
Cette appellation s'explique par sa richesse en souffre, responsable de son odeur caractéristique... Les flamants pullulent, le bec plongé dans la lagune, ils cherchent leur nourriture dans les eaux blanchâtres et très salés.
Un court trajet et nous arrivons à la Laguna Chiarkota, connue aussi sous le nom de Laguna Negra, elle se trouve à près de 5 000 mètres d'altitude.
Ses eaux, gelées une grande partie de l'année, proviennent des glaciers du massif du Condoriri. À ma droite, se dresse le volcan Sajama, son sommet culmine à 6 540 mètres !
La vue porte loin, le panorama est à couper le souffle. Dommage ! L'heure tourne, il faut repartir.
Les arrêts s'enchaînent. Dans ces paysages lunaires et volcaniques, la Laguna Honda est la moins profonde, seulement une dizaine de centimètres. Cette faible profondeur rend la lagune particulièrement calme, semblable à un véritable miroir.
Ses berges humides, permettent le développement de touffes d'herbes, qui servent de réserve de nourriture pour les lamas et les vigognes.
Pédro nous organise un pique-nique royal. Excellent conducteur, fin cuisinier, entre deux prises de feuilles de coca, il répond toujours avec calme à nos questions.
Alors que la piste devient de plus en plus caillouteuse, nous traversons le Paséo de l'Inca. Benjamin est le premier à apercevoir des viscaches. Ces rongeurs des Andes, semblables à des lapins, somnolent au soleil.
Le Désert de Siloli est un prolongement du Désert d'Atacama Chilien, connu pour être un des plus arides au monde.
Ce territoire marque l'entrée de la Réserve Nationale de Faune Andine Eduardo Avaroa. À l'horizon, le sable rouge rend ce paysage totalement irréel.
Balayés par les vents depuis des milliers d'années, les rochers forment des concrétions, qui défient parfois l'apesanteur.
Le moment est idéal pour sortir les appareils photo et les téléphones. L'incontournable Arbol de Piedra, est une formation géomorphologique connue dans le monde entier. Sa forme, sculptée en forme d'arbre par l'érosion du vent, est très prisée des photographes.
Pédro, nous signale qu'il est interdit d'y grimper ; il a été déclaré Monument Naturel.
Seuls, face à cette curiosité de la nature, nous mesurons la chance de contempler cette merveille de la nature.
Il faut effectuer une vingtaine de kilomètres pour entrer dans le Parc Avaroa. Nous sommes dans l'extrême sud du pays.
Pedro transmet nos identités aux gardes, et Denise règle le droit d'entrée (150 bolivianos chacun). Les formalités effectuées, nous prenons la direction de la Laguna Colorada.
Au bout de la piste, c'est le choc... Les teintes semblent irréelles, allant du rouge vif, au marron.
La lagune doit son nom à la couleur rougeâtre due à des crustacés microscopiques. Des milliers de flamants s'y nourrissent et arborent un plumage rose vif.
Le lac est alimenté par des petits cours d'eau qui dévalent des glaciers. Le niveau d'eau est faible, environ 80 centimètres. Les dépôts de borax, de gypse et de sodium, forment des amas blancs qui contrastent avec l'eau.
Face aux ballets incessants des milliers d'oiseaux qui pataugent dans l'eau, nous sommes les spectateurs privilégiés d'un spectacle sublime.
La nuit tombe. Le coucher de soleil, en enflammant les montagnes lointaines, nous offre un spectacle fabuleux. Nous quittons avec regret cet endroit unique et magique.
Il fait nuit lorsqu'on arrive au Refugio Laguna Colorada. Un nom aussi long que son cadre est rustique... C'est un refuge où le confort est nettement insuffisant : des dortoirs de 6 lits glacés et sans chauffage. Des toilettes pour 20 personnes à la propreté douteuse, et que dire de l'accès à l'électricité, limité à 3 heures en soirée.
Dans une salle commune, le repas vite avalé débute par une soupe bien chaude au quinoa.
Nous nous couchons tout habillés. Je m'endors rapidement, mais je suis réveillé par le froid. Le sommeil est agité pour Benjamin, son estomac n'a visiblement pas apprécié le dîner. Une des jeunes autrichiennes a subi de plein fouet le soroche, le fameux et redouté mal des montagnes. Le réveil va être particulièrement éprouvant.
Jeudi 17 octobre 2013
Le camp s'éveille dès 5 heures. La toilette est expéditive, il n'y a pas d'eau chaude... Et ce matin, l'état des toilettes coupe l'envie de s'y attarder.
Dans la salle commune, l'accueil est tout aussi glacial que l'eau est froide. Je grignote un bout de pain et une tasse de thé, le tout accompagné avec un comprimé de paracétamol. Mes intestins, eux aussi sont en plein chaos. Nous avons l'habitude de voyager parfois dans des conditions rudes. Mais cette fois, l'expérience est à classer sur le podium !
Il faut se lever tôt, pour profiter des premiers rayons du soleil, sur une attraction que Pédro tient à garder secrète pour le moment.
Le jour pointe, la température nocturne a provoqué une forte gelée, sous un vent glacial, nous grimpons dans le 4x4. Notre guide active le chauffage ; d'un coup, nous retrouvons le sourire.
Pedro est impatient de nous faire découvrir les geysers de Sol de Mañana, dont le nom signifie « Soleil du Matin ».
C'est un champ volcanique à 4 850 mètres d'altitude. Le soleil monte dans le ciel et colore rapidement une multitude de petits cratères remplis de boue. Et la boue... Bout !
Des fumerolles épaisses et des vapeurs sulfureuses, à l'odeur tenace et nauséabonde s'élèvent dans les airs. Pédro est vigilant et attentif, il nous incite à la prudence sur ce sol instable.
Satisfait de sa surprise réussie, notre conducteur prend le volant en direction du sud du parc, cap sur la Laguna Verde, près de la frontière chilienne.
Au cœur du Parc, la nature déploie toute sa magie. Suite aux chutes de neige, un phénomène rare et étrange se produit ; sous l'action du soleil et de l'air sec et froid. De petits blocs de glace acérés, se forment. Tous sont orientés dans la même direction.
Cette singularité géologique est baptisée "les Pénitents de Glace".
La découverte est mystérieuse et fascinante. Chaque étape dans le Salar, apporte son lot de découvertes "fantasmagoriques".
Nous reprenons la route vers une nouvelle étape surprenante : les Thermes de Polques, situées au sud du Salar de Chalviri.
Quel contraste magnifique ! Après une nuit glaciale sans chauffage, il est stimulant de plonger dans une eau naturelle chauffée entre 30 °C et 35 °C. C'est tout le paradoxe de ce parc enchanteur. La richesse en minéraux, donne à ces eaux, des vertus thérapeutiques...
Quel dommage d'avoir oublié le maillot de bain !
Des voyageurs, mieux préparés, se délassent dans ce cadre grandiose.
Le nom de Désert de Dali, fait référence à l’artiste catalan, en raison des nuances irréelles et envoûtantes de ce paysage fait de pierre et de sable. Si la légende prétend que le peintre s'en est inspiré, la vérité, est tout autre : il n'y a jamais mis les pieds !
La piste se faufile à travers une incroyable palette naturelle de rouge, de marron, de bronze et de beige. Un tableau à taille réelle qui se détache sur un fond de ciel bleu. C'est tout simplement sublime.
Le périple touche à sa fin à l'extrême sud-ouest de la Bolivie. Nous voilà au bord de la Laguna Verde, au pied du majestueux volcan Licancabur.
Ce lac salé, tire sa couleur émeraude d'une forte concentration de carbonate de plomb, d’arsenic, de soufre et de calcium. Juste au-dessus, le volcan dessine un cône presque parfait à 5 960 mètres, à cheval sur la frontière entre la Bolivie et Chili.
En quarante ans de voyages sur tous les continents - du Kenya à l'Inde en passant par la Thaïlande, les Philippines ou Cuba - nous avons contemplé de magnifiques paysages. Ici, nous découvrons une nature préservée et intacte, sublimée par une palette de couleurs éclatantes.
Hélas, la halte est de trop courte durée, le froid et les rafales de vent nous arrache à la magie de cet instant.
Nous retournons à Uyuni. Pédro choisit des pistes différentes de celles empruntées à l'aller. Il estime la durée du trajet entre 4 et 6 heures, suivant l'état des pistes.
En chemin, nous découvrons les Dales du Désert : d'imposants blocs rocheux de plusieurs tonnes, ciselés par le vent. Posés au milieu de ce désert aride, ils évoquent pour chacun, des silhouettes et des personnages différents.
Pedro se dirige vers la Laguna Colorada, pour admirer une ultime fois ces paysages grandioses.
Partout, des lamas se promènent en liberté. Ils sont amusants avec leurs rubans de laine colorés aux oreilles, qui permettent à leurs propriétaires de les identifier.
Benjamin a retrouvé la forme aujourd'hui, ce qui lui permet de savourer pleinement la journée.
Partout, des lamas se promènent en liberté. Ils sont amusants, avec leurs rubans de laine colorés aux oreilles, qui permettent à leurs propriétaires de les identifier.
Benjamin a retrouvé la forme aujourd'hui, ce qui lui permet de savourer pleinement la journée.
L'extraction du lithium tourne à plein régime. Au loin, des ouvriers travaillent dans les gisements, dans le fond des lagunes.
Des dizaines de bassins d'évaporation, émaillent le paysage. Le métal, en passe de devenir plus précieux que le pétrole, est un composant essentiel des batteries d'ordinateurs, des téléphones portables et d'autres appareils électroniques.
Le minerai est acheminé directement au Chili, ce qui provoque la colère des Boliviens, qui n'en tirent aucun profit local.
Nous profitons d'une pause-déjeuner pour visiter un village minuscule, isolé du reste du monde.
Le bourg a su conserver ses maisons traditionnelles en pisé. Nous sommes loin de commerce touristique ou artisanal.
La halte est brève, mais nous avons un aperçu authentique du quotidien de ses habitants.
Sans voyeurisme et sans indiscrétion, nous échangeons des "Buenos dias" d'un ton chaleureux. La halte est particulièrement agréable.
Face à nous, le flanc d'une montagne est marqué par une énorme excavation, vestige de l'extraction de l'argent du plomb et du zinc.
Pedro nous répète la même réflexion qu'au sujet du lithium, la population ne profite guère de ces richesses minières. Le manque d'infrastructures industrielles et technologiques dans le pays contraint à expédier l'ensemble de la production vers le Chili.
Au cœur du village de San Cristóbal de Lipez, Pedro nous partage l'histoire fascinante de l'église.
Cet édifice religieux, a été entièrement reconstruit, pierre par pierre, au cours des années 1990. À cette époque, l'ancien village, à environ 8 kilomètres, avait dû être déplacé pour céder le terrain à une compagnie minière.
L'accès à l'intérieur est impossible, le portail est fermé...
Non loin de là, des jeunes improvisent un match de football, sur un terrain sans fin. Le ballon rond est une véritable religion dans le pays.
Ici, pas besoin de gradins ; le décor naturel est tout simplement grandiose !
Après une longue route, nous atteignons enfin Uyuni à 16 heures.
Malgré la fatigue de cette journée commencée aux aurores, nous prenons le temps de visiter l'église ; le seul édifice notable du centre-ville.
Nous dinons dans une pizzeria, avant de monter dans le bus de 20 heures, à destination de La Paz.
Vendredi 18 octobre 2013
Après 12 heures de bus, coupées par une longue halte à Oruro, le voyage s'est effectué dans de bonnes conditions. Vers 8 heures, le conducteur aborde la banlieue de la capitale, dont la silhouette est enveloppée par un voile de pollution en cette heure matinale.
Installation à l'Arth'ys Guesthouse. Nous récupérons nos grands sacs à la consigne de l'accueil. Nous nous accordons une pause fraîcheur, puis rhabillés de neuf, cap sur le Marché des Sorcières.
À chaque intersection, le spectacle est partout. C'est touristique, mais dans le brouhaha des moteurs et la pollution, les étals des commerces débordent des trottoirs.
Les cholitas, vêtues de leurs jupes bouffantes et de leurs chapeaux melon, vendent des fruits, des souvenirs ou des collations. Il est impossible de résister aux effluves de poulet frit et des délicieuses salteñas (des empanadas au bœuf ou au poulet).
Les petits chaussons ont éveillé nos papilles ! Denise a repéré sur le Guide du Routard, un restaurant réputé pour la finesse de sa cuisine.
Le décor du restaurant Angélo Colonial est original. Il nous fait penser à une boutique d'antiquaire.
Ce café bobo de la capitale, est le lieu parfait, goûter aux spécialités plus élaborées et s'accorder une pause sucrée.
La vaste place Murillo sert de décor à une célébration de danses folkloriques. Vêtus de costumes traditionnels, des groupes de danseurs, parfaitement alignés, offrent des chorégraphies d'une grande beauté.
Les danseuses font virevolter leurs jupes chatoyantes et colorées au rythme d'une musique assourdissante jouée par des orchestres haut en couleur.
La foule est là, par familles entières. Debout derrière des barrières, assises sur des chaises louées pour l'occasion ou installées sur des estrades. Pour quelques bolivianos, les spectateurs sont en place pour de longues heures.
En soirée, nous passons au Marché Lanza faire quelques courses pour préparer notre dîner à l'auberge.
Un dernier tour de tarot plus tard, il est déjà 22 heures... Extinction des feux, ouf !
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Samedi 19 octobre 2013
Ce matin, directement depuis l'hôtel, Denise confirme le vol retour de Manuela et de Benjamin pour le lundi 21 auprès de la compagnie LAN.
Pendant que les « jeunes » profitent d'une grasse matinée, nous partons en ville tous les deux.
Notre promenade nous conduit vers les quartiers San Pedro et Miraflores. Sur la place de l'Université de San Andrés, des étudiants s'activent pour informer et sensibiliser les Paceños sur de nombreux thèmes, qu'ils soient médicaux ou sociétaux. Leurs initiatives pallient l'inaction des autorités gouvernementales.
Habité par la classe moyenne et situé à deux pas du centre, le quartier San Pedro reste à l'écart du flux touristique, une occasion de découvrir la capitale autrement.
En début d'après-midi, nous prenons en famille, la direction de la calle Mexico ; c'est ici que l'on grimpe à bord d'un micro (2,5 bolivianos le billet) pour découvrir la Vallée de la Lune, un site surprenant, niché à 10 kilomètres au sud du centre-ville.
Après la cohue urbaine, cette escapade devrait nous offrir un brin de sérénité et de calme.
Denise règle le prix d'entrée (15 bolivianos le billet), le décor de la Vallée de la Lune se dévoile à nous.
Ce paysage unique est né de l'érosion d'un flanc de montagne argileuse au sol fragile. Le site ressemble à un désert de stalagmites sculpté par les éléments au fil des siècles. Des formes originales ont été affublées de noms évocateurs : la « Molaire du Diable », une montagne en forme de dent, ou le « Monticule de la Tortue ». Un sentier aménagé et balisé permet d'en faire le tour sans perdre de temps.
De retour au centre-ville par le même moyen de locomotion, nous faisons une pause dans un bon restaurant touristique. On repassera pour l'authenticité bolivienne, mais la cuisine y est délicieuse.
En rentrant à l'hôtel, des spectacles traditionnels et un concert rassemblent beaucoup de monde. Les cuivres sont à l'honneur ; mieux vaut s'éloigner des haut-parleurs, car le volume est généreux !
La Paz a été officiellement fondée le 20 octobre 1548 par le capitaine espagnol Alonso de Mendoza. Chaque année à cette date, la veille de l'anniversaire officiel, de grands défilés commémoratifs sont organisés.
Des corps de l'armée bolivienne défilent dans leurs tenues de parade traditionnelles. Des groupes artistiques se costument en reproduisant la mode de la fin du XVIe siècle au XVIIIe siècle, arborant des casques espagnols, des armures et des robes d'époque pour mimer l'arrivée des conquistadors.
La manifestation intègre aussi la fusion culturelle : la tenue traditionnelle de la femme métisse de La Paz est à l'honneur...
Dimanche 20 octobre 2013
Tôt le matin, Denise et moi partons savourer un excellent petit-déjeuner typique au marché Lanza.
Manuela et Benjamin, levés plus tard, préfèrent le prendre dans la cuisine de l'hôtel.
Nous nous retrouvons plus tard pour prendre un colectivo (2,5 bolivianos le billet) afin de rejoindre le quartier d'El Alto. Nous sommes impatients de découvrir un immense marché qui s'y tient le dimanche.
Perchée à 4 000 mètres d'altitude, El Alto est la troisième ville la plus peuplée de Bolivie. Cet immense quartier, qui abrite l'aéroport international et surplombe La Paz, est une banlieue précaire et défavorisée.
Avant de partir, nos hôtes nous ont mis en garde contre les pickpockets du « Marché aux voleurs ».
Le conducteur du colectivo nous dépose sur la route qui mène à l'aéroport. Nous entamons à pied une montée raide... L'accès au marché se mérite à travers d'interminables escaliers éprouvants. Arrivés en haut, le panorama sur la cuvette urbaine est spectaculaire. Nous apercevons le chantier du futur téléphérique qui reliera El Alto à la capitale en 2014.
Un projet vital pour désenclaver les habitants et les travailleurs de ce quartier populaire.
L'entrée au marché se fait par une passerelle ; nous plongeons immédiatement dans l'ambiance, l'immense bain de foule est garanti. D'ailleurs, nous progressons difficilement entre les étals débordant de marchandises, neuves pour certaines, mais le plus souvent d'occasion.
El Alto manque d'organisation : de nombreuses rues ne sont pas goudronnées et des îlots d'habitations sont privés d'eau courante ou d'assainissement. La population concentre les ethnies aymaras et quechuas. Nous ne comprenons rien aux langues traditionnelles et les tenues colorées des femmes contrastent vivement avec les modes citadines du centre de la capitale.
Partout, des stands de restauration s'improvisent, tandis que les places publiques accueillent des spectacles de rue.
Alors que nous traversons un passage encombré, Benjamin est victime d'un vol à la tire. Le stratagème est bien rodé et connu de toute la population. Une femme a soudainement jeté des confettis sur l'épaule gauche de Benjamin. Par réflexe, alors qu'il gardait sa main droite dans sa poche pour tenir son téléphone, il lève le bras pour se défendre. En une fraction de seconde, un complice en profite pour glisser sa main dans la poche et lui dérobe son mobile. Noyé dans la foule, le voleur s'est volatilisé.
Heureusement, ce coup du sort survient le dernier jour ; les photos sont sécurisées sur le « cloud » et Benjamin est assuré contre le vol.
Il n'y a pas de poste de police à El Alto. Nous redescendons à La Paz afin de déposer plainte auprès de la police touristique. Ce précieux document lui permettra d'obtenir le remboursement de son appareil.
Pour terminer la journée sur une note plus agréable, nous allons ensuite au Parc Laikacota et à son mirador.
De là également, la vue panoramique à 360° sur la ville est tout simplement impressionnante.
Dans la rue, les odeurs alléchantes d'une grilladerie nous mettent l'eau à la bouche.
Nous nous installons sur des tabourets pour savourer notre dernière soirée en famille.
Au menu, des pièces de viande ; les portions sont généreuses et savoureuses. Un vrai régal, après un mois de voyage, nos estomacs n'ont plus l'habitude d'un tel festin.
Ce soir, je troque mon sac, contre celui de Manuela, plus pratique à porter. Notre road-trip se poursuit en duo : cap sur le tour de la Bolivie, puis le sud du Pérou, avant de conclure ce magnifique voyage, par le Chili et l'Ile de Pâques !
Lundi 21 octobre 2013
Dernière journée partagée avec nos enfants.
Nous savourons un moment de gourmandise au mercado central : un délicieux jus de fruits frais accompagne le petit-déjeuner.
Une fois, les derniers souvenirs dénichés dans les rues voisines, vient le moment de partager l'incontournable Pollo frito accompagné de Papas fritta.
À l'extérieur, les jus de fruits de quelques fêtards sont nettement plus fermentés et alcoolisés...
Après avoir quitté l'auberge de jeunesse, nous prenons la route de l'aéroport en taxi. À la moitié du trajet, le chauffeur fait face à un petit imprévu : un pneu arrière éclate. Il décline notre aide. Chronomètre en main, il règle le problème en seulement six minutes !
Pendant qu'il s'active, je jette un coup d'œil discret aux roues ; la voiture roule sur quatre véritables patinettes, totalement lisses. Malgré ce contretemps, nous parvenons à l'aéroport à l'heure.
Les formalités d'embarquement réglées (La Paz-Lima-Paris), nous avalons un dernier café avant le moment tant redouté des adieux. Notre retour en France est prévu à la mi-décembre.
Dans le bus qui nous ramène en centre-ville, nous engageons une discussion avec un guide touristique bolivien, et nous lui décrivons la technique du vol, dont a été victime Benjamin.
Il nous explique qu'à El Alto, la police a pour consigne de fermer les yeux afin de préserver la paix sociale. Selon lui, si nous voulons récupérer le téléphone, il suffit de se rendre sur le marché dimanche prochain : il y sera sûrement exposé sur un stand !
En soirée, un message de Manuela nous rassure : ils viennent tout juste de décoller de Lima.
Bilan du voyage
Notre coup de cœur du voyage (Pérou, Bolivie et Chili) revient sans hésiter à la Bolivie. Le pays le plus haut d'Amérique du Sud, est enclavé et privé d'accès à la mer.
Au côté de Manuela et de Benjamin, nous avons effectué un périple mémorable : explorez l'Altiplano du nord au sud, depuis les rives du lac Titicaca jusqu'au Parc Avaroa, à la frontière du Chili.
Le voyage au Salar d'Uyuni restera gravé dans nos mémoires, mais c'est la région qui a fait chavirer notre cœur. Les paysages y sont d'une beauté fabuleuse et d'une diversité incroyable. Une aventure inoubliable...
La musique et les danses traditionnelles unissent profondément les différentes ethnies du pays. Sur les places centrales, les spectacles prennent vie grâce à la participation active des habitants.
Le pays est peu visité pour l'instant, le contact et les échanges demeurent authentiques et spontanés avec la population locale.
Ce tableau contraste avec la situation économique : la richesse du sous-sol ne profite guère à la majorité de la population.
Des souvenirs familiaux à partager.
Partager des moments de découvertes avec nos enfants devenus adultes, au cœur de situations imprévues, mais toujours authentiques, nous a permis de créer de précieux souvenirs à quatre.
Habitués à voyager depuis leur plus jeune âge, ils ont apprécié d'explorer avec nous, et avec plus de réflexion, les traditionnelles culturelles du Pérou et de la Bolivie. Ensemble, nous avons découvert la gastronomie locale, mais aussi la réalité précaire des minorités.
Aujourd'hui, ils nous ont souvent fait remarquer que notre quotidien en France, relève d'un véritable privilège.
Les +
. La beauté saisissante des paysages du lac Titicaca.
. L'incroyable périple de trois jours en famille dans le salar d'Uyuni, entre la faune, la flore, les montagnes, les volcans et les geysers, immortalisé par de superbes photos. Le tout sous l'accompagnement sans faille de notre chauffeur-cuisinier : une expérience absolument inoubliable !
. L'atmosphère, le calme et l'accueil, de notre hébergement à La Paz.
Les -
. La pollution. Mais face à l'insalubrité des villes, des voix, particulièrement celles de la jeunesse, s'élèvent dans la rue pour y remédier.
. Le pays offre une grande diversité de fruits et de légumes, la restauration locale - qu'elle soit de rue ou des restaurants s'avère répétitive, centrée sur l'incontournable poulet-frites.
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