Voyage en Malaisie
Janvier - Février 2020
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2ème partie
IPOH
La ville oubliée
PANGKOR
La plage, le calme
GEORGETOWN
La fête de Thaipusam
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Visa
. Pas de visa pour un séjour inférieur ou égal à 3 mois.
. Passeport valable 6 mois après la date de retour.
. Billet d'avion (ou de bateau) attestant la sortie du pays dans les 3 mois.
Vaccination
Vaccins recommandés :
. vaccinations universelles : hépatite B, DTPC.
. Hépatite A, fièvre typhoïde.
. Pour les secteurs ruraux et les séjours prolongés : rage et encéphalite japonaise.
Question argent
1 euro = 4, 45 Ringgit malaisien (MYR ou Rm).
Question transport
Aérien
Vol avec la compagnie Qatar Airways. Billets achetés le 14 septembre 2019. 1 010,20 €.
Aller : Paris/Singapour avec une escale à Doha le 8 janvier 2020.
Retour : Kuala Lumpur/Paris avec une escale à Doha le 24 mars 2020.
Pour cause du coronavirus, le vol retour est avancé au 19 mars. Nous devons achetés 2 nouveaux billets dans les bureaux de la Compagnie Qatar Airways à Jakarta : Jakarta-Paris avec une escale à Doha.1 200 €.
Vol Penang (Malaisie) - Banda Aceh (Sumatra) le 9 février 2020.
Billets achetés le 20 novembre 2019 à la Compagnie Firefly. 392 Rm, soit 106,51 €/2.
Terrestre
Bus
Tanah Rata-Ipoh. Distance 105 kilomètres. 2 heures 30 de trajet. 40 Rm les 2 billets.
Ipoh-Lumut. Distance 90kilomètres. 2 heures de trajet. 20 Rm les 2 billets.
Lumut-Butterworth. Distance 170 kilomètres. 3 heures de trajet. 40 Rm les 2 billets.
Ferry
Lumut-Ile de Pangkor. Aller-retour : 28 Rm les 2 billets.
Butterworth-Georgetown. Aller. 2, 40 Rm les 2 billets.
Question hébergement
Ipoh
One Stop Budget Hôtel
Jalan Sultan Yussuf.
Hôtel bien situé. Chambre confortable et propre, avec la climatisation. Bon wifi. 85 Rm la nuit avec les taxes.
Adresse à recommander.
Ile de Pangkor
Nazri Nipah Camp
Chalet simple et propre. Wifi à la réception. 65 Rm la nuit.
nazrinipahcamp@gmail.com.
Ambiance "routard".
Nipah Bay Villas
Bungalow confortable, spacieux et propre. Climatisation et un frigo. Bon Wifi. 85 Rm la nuit.
nipahbayvilla@hotmail.com.
Bonne adresse.
Ile de Penang-Georgetown
Hutton Lodge SDN.BHD.
17, jalan Hutton.
Établissement bien situé. Excellent accueil. Chambre confortable avec la climatisation. Bon wifi. 75 Rm la nuit avec le petit-déjeuner.
huttonlodgepenang@yahoo.com.
Adresse à recommander.
Question au quotidien
Décalage horaire :
La Malaisie n'applique pas le système heure été-hiver.
Décalage horaire avec la France : + 7h l'hiver. + 6 h l'été. En hiver, quand il est 12h en France, il est 19 heures en Malaisie.
1 bouteille d'eau : 2 Rm - 1 bouteille de bière (66cl) : 16,5 Rm.
1 thé glacé : 3 Rm. 2 ananas : 4 Rm.
Carte de la Malaisie
Itinéraire en Malaisie
EN bleu - trajet en bus.
En rouge - trajet en ferry.
Suite du périple en Malaisie qui a débuté en janvier.
1re partie du 13 au 26 janvier
Malacca
Ile Tioman
Taman Negara
Cameron Higlands
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Lundi 27 janvier 2020
C'est la cohue dans la gare routière de Tanah Rata ce matin. C'est d'ici que les bus arrivent et partent pour toutes les destinations dans le pays.
Nous grimpons dans le bus, le conducteur démarre à 8 heures, en directions de la ville d'Ipoh. Le ciel est nuageux, le soleil tarde encore à se lever, lorsque nous passons dans Brinchang.
Nous redécouvrons les paysages montagneux, remodelés par les serres en plastique, où l'on produit de manière intensive des fraises, des légumes et des roses. Heureusement, après 1 heure de route, la route grimpe sèchement dans une petite chaine montagneuse, les forêts offrent un panorama fabuleux.
Le conducteur se gare dans le Terminal Amanjaya. Tout nouveau et moderne, il est excentré, au cœur d'une zone commerciale. Toute la journée, des bus de la vill (1,70 Rm) dans un va-et-vient incessant, transportent les voyageurs vers le centre-ville. Le chauffeur nous dépose à la petite station de Meddan Kid. Elle est vétuste mais très proche du centre historique. Sac sur le dos, nous faisons à pied les dernières centaines de mètres.
La chambre, du premier hôtel que Denise visite, lui convient... Petite minute de jubilation, car je suis écrasé par la chaleur. Depuis notre entrée dans le pays, la température n'a jamais été aussi élevée.
Le One Stop Budget Hôtel est bien situé, entre les bâtiments coloniaux, transformés en hôtels et les shophouses, aux façades décaties.
Dès les sacs déposés, nous ciblons le point d'information touristique. La réceptionniste de l'hôtel, nous indique qu'il est fermé pour la fête du Nouvel An Chinois. Avec un grand sourire, elle nous tend un plan détaillé, avec le tracé de "l'Ipoh Mural Art Trail", une balade, qui permet de passer devant les principaux monuments et les œuvres du street art.
Ipoh, bien que troisième plus grande ville du pays, n'est pas très prisée par les touristes Occidentaux. La ville a subi la présence britannique au 19e siècle, puis l'occupation japonaise de 1942 à 1945. En 1957, la Malaisie devient indépendante, Ipoh se modernise...
La mise en bouche commence bien. Nous découvrons, dès nos premiers pas, une des fresques incontournable, qui décore un pan de mur entier, face à l'office de tourisme. Il s'agit de l'Oncle avec sa tasse de thé.
Une odeur délicieuse s'est répandue dans la rue. Nous entrons dans un restaurant indien très populaire.
Il n'y a que des locaux, les têtes se retournent lorsque nous nous asseyons. Le Mee Goreng que l'on nous sert est brûlant et goûteux. Le service est parfait et l'addition légère. Le ventre repu, nous pouvons arpenter les rues.
Nous quittons ce quartier et ses minuscules boutiques, notre guide papier nous signale la beauté de la gare ferroviaire.
Railway Station est surnommée le Taj Mahal d'Ipoh. Construite entre 1914 et 1917, dans un style associant des élément mauresques et gothiques, elle fait la fierté des habitants. Le vaste bâtiment, est connu pour avoir abrité des scènes du film "Indochine".
Bordant une immense place, le Town Hall (l'Hôtel de Ville) et la Law Court (la cour de Justice) sont des bâtiments administratifs, emblématiques de la période britannique. Ce patrimoine colonial, d'un blanc éclatant et bien entretenu, va être notre point de départ de la découverte de la cité.
Autre monument illustre, la Tour de l'Horloge. Elle a été érigée en 1909, à la mémoire du premier résident britannique de l'État du Perak, assassiné en 1875 par des chefs malais.
Blanchie à la chaux, elle se voit de loin. À mi-hauteur, sous le clocher, et sur chaque côté, des frises colorées représentent l'évolution de la civilisation : de l'âge de pierre à la période moderne. Je reconnais Bouddha, Newton, Darwin, Beethoven et bien d'autres personnages.
La Mosquée Sultan Idris Shah II, est le symbole de la communauté musulmane. Elle a été inaugurée en 1978, si proche de tous les sites remarquables, son emplacement signale son importance dans le tissu urbain.
Ce chef d'œuvre architectural, d'un blanc immaculé, comporte 66 dômes bombés pointus, dominés par un minaret de 38 mètres de hauteur.
Je remarque les haut-parleurs tournés vers la direction de notre logement. Demain matin, vers 5 heures, nous ne devrions pas avoir besoin de l'alarme du téléphone pour nous réveiller !
Le quartier chinois est un haut lieu touristique de la ville. Il se dit qu'actuellement, 7 habitants sur 10, sont originaires de Canton. Leurs ancêtres, ont émigré à la fin du 19e siècle, pour travailler dans les mines d'étain.
Les maisons, appelées shophouses, parfois décrépies, nous les avons aperçues à Malacca, et dans les quartiers de Singapour. Ces merveilles conservent un charme fou.
L'architecture comporte un ou deux étages, une boutique au rez-de-chaussée pour le commerce et une habitation au-dessus du magasin. Chaque maison est peinte d'une couleur différente. Les arcades, à la base des immeubles, protègent les piétons de la pluie et du soleil.
Le temple chinois Paloh Khoo Miu, construit par les premiers immigrants, date de 1872.
C'est un joyau caché au centre d'un jardin ombragé. Une paire de lions gardent son entrée principale. Un officiant, nous invite à assister à une cérémonie. Le temple à des dimensions modestes, les croyants, pour cette fête du Nouvel An, prient et font des offrandes avec ferveur et affection. Quel sentiment de sérénité !
La rue Concubine Lane, est typique des rues asiatiques. Elle est petite et étroite. Tous les jours, les trottoirs abondent de visiteurs, qui se pressent autour des étals qui abondent.
Nous sommes pris dans un tourbillon de couleurs, de bruits et d'odeurs. Ici, on vend de tout et on peut tout acheter. Des chaussures, des souvenirs, des fruits et des légumes. De la main, les clientes caressent la soie ou la porcelaine.
Ipoh, est une ville absente des brochures touristiques. Les vieux quartiers attirent seulement quelques visiteurs étrangers, ceux à la recherche d'un voyage authentique. Les clients des tours-opérateurs chinois, toujours si bruyants, sont invisibles.
Han Chin Pet Soo, est un élégant immeuble blanc, coincé entre des bâtiments colorés. Il qtémoigne de la riche industrie minière de l'étain. De nos jours, il a été restauré et transformé en musée. Pour les visites, la réservation à l'avance est recommandée.
La vieille ville abrite la majorité des édifices coloniaux, alors en passant sous les arcades des shophouses, nous allons vers la ville nouvelle, qui se trouve après le pont, au-dessus de la rivière Kinta.
Les jambes quelque peu fatiguées, nous replongeons dans les odeurs, les sons et l'ambiance de la vieille cité.
Pour les amateurs d'art urbain et de graffitis, le quartier de Jalan Masjid est un musée à ciel ouvert. Ils sont partout, par dizaines et ils ornent la presque totalité des façades des maisons et des édifices publics. Chaque réalisation, représente les traces d'un passé chargé d'histoires et de luttes. D'autres représentent des scènes d'espoir.
Admiratifs, nous prenons le temps d'apprécier les détails et la créativité qui donnent vie à ces murs... Le graffiti, est une langue urbaine !
Dans le quartier, derrière une grande maison en bois traditionnelle, construite sur pilotis, la Masjid Panglima Kinta, fondée en 1898, est une mosquée historique.
Son architecture présente des détails architecturaux uniques... La forme du bâtiment, le look de la coupole, et les carreaux de céramique des minarets.
Le plaisir ne s'arrête pas là ! Dans Little India, des graffitis retracent l'influence indienne. Des histoires dépeignant des scènes de la vie quotidienne ou des fêtes culturelles.
Dans les rues Jalan Lahat et Jalan Sultan Yussuf, les accros du shopping peuvent fouiner dans des bazars et dans des boutiques, en espérant trouver la perle rare ! Les étals colorés des marchands de fleurs, des bijoux faits à la main ou des vêtements traditionnels.
L'air est parfumé d'épices, au détour d'une rue, nous nous faisons plaisir avec de savoureux samoussas.
Mardi 28 janvier 2020
L'hôtel est confortable, mais pas suffisamment insonorisé.
Ipoh compte à elle seule plus de 50 mosquées, donc... 50 imams ! À 5 heures du matin, celui de la mosquée Sultan Idris II, est le premier à attirer ses disciples. Dès qu'il commence à psalmodier les premiers versets du Coran, une dizaine de haut-parleurs, dans un petit périmètre, hurlent généreusement. Enfin, à 6 heures 45, la compétition se termine...
Sous un soleil radieux, nous partons vers la station Meddan Kid. Denise achète les billets du bus n° 35 (12, 40 Rm) pour la ville de Kuala Kangstar, située à 40 kilomètres au nord.
À 9 heures, le conducteur démarre. Le voyage va être long, le bus est chargé de clients et il s'arrête à la demande.
Nous traversons un paysage de prairies, ni barrières, ni clôtures, l'herbe rase est brûlée par le soleil. Le conducteur s'arrête dans les villages, toujours à proximité d'une mosquée ou d'un marché, aux étals débordant d'épices, de fruits et de légumes.
Kuala Kangstar est une ancienne ville royale, située à la confluence des fleuves Perak et Kangstar. La cité, absente des circuits touristiques, a prospéré au XIXe siècle de l'industrie du caoutchouc.
Dans le bus, une passagère a indiqué à Denise, la direction pour aller découvrir les trésors de l'époque coloniale et malaisienne, concentrés dans un parc tropical.
Dès la descente du bus, quel plaisir de déambuler dans le cœur du centre-ville. Les passants apprécient l'architecture de la Clock Tower, finement et richement décorée d'un dôme doré. L'édifice va nous servir de repère lors de nos déplacements.
À côté, les couleurs vives d'un "graff", qui décore la façade d'une maison, participent aussi à la beauté de l'ensemble.
Kuala Kangsar compte des palais et sûrement la plus belle mosquée du pays, appelée Masjid Ubudia.
Les yeux rivés sur la rivière Kangsar, j'apprécie la délicatesse des magnifiques paysages. Les joyaux architecturaux sont loin de la ville. Le ciel est d'un bleu immaculé, il fait presque trop chaud à notre goût, lorsque l'on quitte la rive ombragée, avant de s'engager sur une route étroite, mais déserte.
Derrière une ligne blanche, un petit espace est réservé aux piétons. Pas une voiture, ni un scooter, l'espace nous appartient.
Lorsque j'aperçois les dômes, la mosquée doit être à 4 kilomètres à vol d'oiseau. Nous sommes impatients d'y arriver. Enfin, rissolant sous le soleil, nous arrivons au pied de l'immense construction.
Majestueuse, avec son dôme doré et ses 4 minarets, la vue est fascinante. Des palmiers, ajoutent une touche d'exotisme et l'aventure. Elle a été construite entre 1913 et 1917, par un sultan, en remerciement, pour son rétablissement d'une maladie.
L'instant semble irréel, nous nous imaginons dans un conte des Mille et une Nuits.
À l'entrée du monument, un garde nous invite à entrer. Denise revêt un long tchador... Alors, un imam nous guide à l'intérieur.
La salle des prières est sobre, je remarque des motifs sophistiqués et des bandes de marbre. Un grand lustre donne de la légèreté à l'ensemble.
La mosquée se dresse près du cimetière et du mausolée royal de Perak, où reposent les sultans et les membres de leurs familles. Le bâtiment est en marbre blanc, entouré de stèles monumentales.
Le site est captivant et envoûtant. Mon appareil photo mitraille sans arrêt, mais aucune photo ne pourra jamais rendre cette beauté unique, richement parée de marbre et d'or.
Je range l'appareil et mitraille et nous nous dirigeons vers le Palais Iskandariah. C'est actuellement la résidence du Sultan de Perak. Situé sur une colline, il est difficile de l'approcher. Nous apercevons derrière de hautes grilles, l'imposant édifice au centre d'un parc arboré. Son toit est coiffé par un dôme principal et quatre petits dômes, répartis sur trois étages. Le Palais-Royal est fermé à la visite.
Nous revenons sur nos pas. Le Palais Galerie Sultan Azlan Sha est un superbe édifice.
Quelle déception ! Le bâtiment est fermé, il est en travaux depuis deux ans, et pour une durée encore indéterminée. Des gardiens, à l'entrée, en interdisent l'accès.
Denise, discute avec la gardienne la plus bienveillante. Un sourire ne coûte rien... Mais il rapporte ! La dame nous autorise à mettre un pied à l'intérieur de la cour pour prendre quelques photos.
Sur les berges de la rivière, ce n'est pas le même faste. Les habitations traditionnelles en bois, sont montées sur pilotis, au-dessus du sol humide. Le toit est en chaume ou en tôle ondulée... Mais toutes ont une antenne parabolique !
Le conducteur du bus démarre à 14 heures, en direction d'Ipoh. La circulation est dense, le bus avance doucement, alors nous pouvons profiter des superbes paysages.
Le Temple de Perak Cave Tong, est situé à 6 kilomètres, avant d'entrer dans la grande ville. Le conducteur, à notre demande nous y dépose. La marche pour y arriver est difficile, entre les bâtisses, et les voitures qui filent dans les deux sens.
Le temple est perché au sommet d'un éperon rocheux. Une légende dit, qu'en 1920, un moine a découvert cette grotte, et a construit le temple au fil du temps.
Au pied de la colline, nous entrons dans une grotte calcaire, magnifiquement décorée de divinités et de peintures vibrantes. Dans la première salle, les visiteurs sont accueillis par un immense bouddha assis. Derrière, les parois sont recouvertes de fresques d'art complexes.
Nous grimpons un escalier de 450 marches, qui nous mène au sommet du tertre. La vue est imprenable sur Ipoh et les collines à l'horizon.
Après nous être rempli les yeux de tant de beauté, nous retournons prendre le bus n°37 (2,60 Rm les 2 billets) pour la gare routière.
Denise, n'est pas rassasiée, elle va visiter un temple qu'elle a repéré près du Terminal. Pour ma part, je vais à l'hôtel, au frais, pour mettre à jour mes notes. En général, je supporte la chaleur, mais là, elle est "écrasante".
En soirée, la chaleur est plus supportable. La nuit tombe, Ipoh s'illumine et devient une autre ville. Une ville aux mille couleurs, et bruyante ! Le muezzin ne dort pas, l'appel à la prière résonne...
Demain matin, il nous réveillera de très bonne heure, nous ne louperons pas le bus, qui va nous mener à l'Ile de Pangkor, au large de la côte ouest de la Malaisie.
Mercredi 29 janvier 2020
Après le gros orage de la nuit, une chaleur lourde et humide s'est installée au petit matin.
Le jour pointe à peine, à 5 heures, le muezzin nous réveille. Plus tard, sac sur le dos, nous quittons sous un léger crachin, notre hébergement.
La Tower Clock est sous les nuages. À proximité, un food court est ouvert. Des clients sont attablés dans les stands, et ils nous dévisagent avec curiosité, pour certains, avec peut-être, une envie de voyage. Un canai roti sucré pour Denise, des toasts, avec des œufs pour moi. Nous n'allons pas partir avec le ventre vide.
Vers 9 heures, nous sommes à la station Meddan Kid. Denise achète deux billets de bus (3, 40 Rm). Toutes les 30 minutes, les conducteurs des bus 30B et 30A démarrent pour Amanjaya Station, la grande gare routière d'Ipoh, située à une quinzaine de kilomètres.
Au guichet, d'un comptoir de l'immense hall, Denise achète des billets (20 Rm) pour Lumut, un port, sur le Détroit de Malacca.
Le départ était prévu à 11 heures 30... Sans explication, le conducteur démarre à 13 heures.
Le panorama a changé, la forêt a pris possession des petites collines, les mosquées ornent toujours les paysages des villes malaisiennes.
Le chauffeur, après deux heures de trajet se gare à la station routière de Lumut. Nous sommes un petit groupe "d'aventuriers" Occidentaux, à rejoindre le débarcadère des ferrys, situé à 2 minutes de marche.
Là, il n'y a pas d'attente. Dès les 2 tickets achetés (A-R pour 28 Rm), le capitaine du bateau appareille à 15 heures 30. Les moteurs ronronnent seulement pendant 30 minutes, et déjà, nous accostons au port de Pinang Kecil.
Teluk Nipah, est une station balnéaire située sur le côté ouest de l'ile. Ses plages, sont le rendez-vous des touristes. En compagnie d'un couple de Belges, nous partageons un combi-taxi volkswagen rose et jaune, 16 Rm pour nous deux.
Denise a relevé sur notre guide, les chalets Nazri Nipah Camp.
L'accueil est chaleureux, le jardin est fleuri. La plage à deux minutes à pied... Mais pour 3 ou 4 nuits, le bungalow est vraiment trop rustique et le confort sommaire. Demain, nous changerons d'habitation pour les nuits prochaines.
Nous nous détendons sous une douche à l'eau presque chaude. Le ciel est couvert et il fait chaud, nous pouvons nous mettre en chasse, pour glaner des informations et trouver une nouvelle habitation.
La petite station balnéaire se caractérise par une longue rue qui longe la plage. Il y a plein de petits restaurants de rue, et des petits hôtels. Denise visite un chalet. La chambre est parfaite, l'endroit douillet, nous réservons pour le lendemain.
Le nord de la Malaisie regorge d'iles paradisiaques. La majorité des touristes occidentaux, optent pour les eaux cristallines des iles Perhentian, au nord-est, ou de Langkawi, au nord-ouest.
Avant le départ de France, j'ai lu des blogs sur Pangkor. Les avis, ont éveillé ma curiosité. Ils vantent sa jungle, son authenticité et sa simplicité, à l'opposé des activités festives, des iles plus renommées.
Vers 18 heures, tous les soirs, une attraction anime la station. Le gérant de la guest house, Sunset View Chalet, nourrit avec des bananes, des calaos, appelés aussi rhinocéros Hornbills.
Les oiseaux, de la famille des toucans, sont dotés d'un bec proéminent, surmonté d'une corne volumineuse.
Les visiteurs peuvent participer à la fête ! La technique est simple, il faut se tenir droit, et tenir un bout de banane dans une main. Petites frayeurs pour les moins téméraires, et une joie intense pour les autres.
Le Thai Food Restaurant, est à l'angle de deux rues, il sert une cuisine thaïlandaise excellente. Les assiettes sont délicieuses, la crème de coco et la citronnelle adoucissent les saveurs épicées.
C'est plein d'énergie, et le ventre contenté, que nous rentrons à notre hébergement.
Jeudi 30 janvier 2020
Pas un bruit dans le jardin, enfin une bonne nuit dans le calme.
Sac sur le dos, nous nous rendons au Nipah View Villas, il est situé dans la même rue. Notre nouveau bungalow est spacieux, avec la climatisation, un frigo et le wifi.
La rue principale, et la plage de la magnifique baie, ont été nettoyées dans la nuit... La pollution plastique n'est pas une préoccupation pour les touristes, quel dommage de voir tous les détritus abandonnés, qui traînent dans les coins.
Il n'y a pas la foule sur le sable blanc. Quel dommage, si l'eau est cristalline à la surface, les poissons sur les fonds marins sont rares.
Quoi faire à Pangkor ? C'est très simple ! Matin plage et après-midi... Plage. Nous étalons nos serviettes sur le sable de Coral Beach.
Il y a peu de monde, les Malais ne sont pas des adeptes du bronzage.
À quelques dizaines de mètres du rivage, Pulau Giam est un petit ilot rocheux. L'endroit déal pour faire du snorkeling, mais il y a du ressac et la visibilité est réduite.
En soirée, j'ai laissé ma GoPro à la chambre et je suis équipé de mon appareil photo... La chaleur est tombée, le coucher de soleil est sensationnel. Petit à petit, le ciel s'embrase de nuances d'orange, de rose et de rouge, tandis que le soleil plonge sous l'horizon.
Vendredi 31 janvier 2020
Pangkor est une pépite, sa diversité en fait une ile aux multiples paysages. Il n'y a pas que les plages, alors ce matin, nous louons un scooter à la réception de notre hébergement. Le prix est correct, 40 Rm la journée + 50 Rm de caution.
L'ile n'est pas grande, 12 kilomètres en longueur, sur 4 kilomètres de large. Nous sommes optimistes, le vent à chassé les nuages, lorsque je prends l'unique route, en direction du sud.
La jolie plage de Pasir Bogak nous enchante, l'arrêt est rapide, ce sont les coins cachés de la ville de Pangkor, sur la côte est, qui nous intéressent.
À l'entrée de la cité, un vieux quartier est constitué de minuscules échoppes. Un régal pour nos sens, les étals regorgent de produits frais.
Les vendeurs interpellent les clients venus en scooters, les femmes font leurs achats, le casque sur la tête. Les hommes, y passent en sortant de la mosquée.
Sur le bord de la route, je m'arrête dans un boui-boui. Une femme nous sert des œufs frits et du thé. Très souriante, elle est vêtue d'une jupe longue qui descend jusqu'aux chevilles, un foulard lui cache les cheveux et le cou.
Autour de nous, l'ambiance est sympathique. Partout où nous allons, nous sommes toujours bien accueillis, les gens se mettent "en quatre" pour nous faire plaisir.
Rassasiés, nous reprenons la route vers le kampung Teluk Gedung, un village de pêcheurs, tout au sud.
À l'écart des habitations modestes, la Mosquée Al-Badr-Seribu-Selawat, est posée sur la mer. Elle repose sur des pilotis. Nous prenons le temps d'admirer sa splendide architecture. Son dôme bleu vif, est recouvert de mosaïques dorées, et son minaret, qui s'élève vers le ciel est très élégant. Devant la beauté du monument, mon index se fige sur le déclencheur de l'appareil photo.
À l'entrée, le gardien, s'empresse de nous faire signer un registre, attestant de notre passage.
Comme Denise, j'ai l'obligation de revêtir une longue tunique pour visiter les salles.
Les décorations, les décorations et les calligraphies, expriment un art contemporain. La salle des prières est immense, elle peut accueillir 1 500 fidèles.
Quelques tours de roues, et à la sortie d'un virage, au milieu d'une végétation exubérante, je stoppe au niveau du Dutch Fort (le Fort Hollandais). Construit au XVIIe siècle, pour protéger et contrôler les stocks d'étain, il ne reste plus grand-chose.
Maintenant, il est abandonné et laissé en ruines, perdu entre les échoppes de souvenirs.
La partie la plus ancienne de la capitale de l'ile, est son vieux port. Les maisons en bois sont établies sur pilotis, car elles reposent sur des marais ou sur l'eau. Les toits, sont faits de chaume de palme pour les plus anciennes, ou en plaques de tôles ondulées.
Leur aspect semble frêle, mais ces habitations, parfois délabrées, sont très résistantes.
Dans une échoppe, la patronne excelle dans la préparation du rôti canai. Nous accompagnons nos galette d'un thé. Il n'y a pas un grand attrait touristique sur les pontons. Entre les bateaux en bois traditionnels, peints de couleurs vives et colorées, nous avançons sous les regards curieux des pêcheurs, qui se transforment rapidement en grands sourires.
Les poissons et les crustacés, après avoir été séchés, son vendus dans les échoppes d'un immense marché couvert.
Les poissons et les crustacés, après avoir été séchés, son vendus dans les échoppes d'un immense marché couvert.
Le centre-ville n'a rien pour attirer les touristes. Seulement une rue pavée qui concentre l'activité commerciale, alors je m'engage sur la route qui mène au nord de l'ile.
Nous faisons une brève halte au Temple Che Pang Khor. De construction contemporaine, il est adossé à une colline, nous passons rapidement notre chemin, car ses portes sont fermées.
Nous avons plus de chance quelques minutes plus tard. À l'entrée d'une jolie rue fleurie, un panneau signale la direction du temple chinois Foo Lin Kong, lui aussi est au pied de la même colline.
C'est le plus grand temple taoïste de l'ile. Son architecture est unique, complexe, comportant des formations rocheuses et des fresques colorées. Nous sommes admiratifs et étonnés par une réplique miniature de la Grande Muraille de Chine qui entoure un grand jardin.
De là-haut, la vue est fantastique sur les toits et une partie de la baie.
Nous avons plus de chance quelques minutes plus tard. À l'entrée d'une jolie rue fleurie, un panneau signale la direction du temple chinois Foo Lin Kong, lui aussi est au pied de la même colline.
C'est le plus grand temple taoïste de l'ile. Son architecture est unique, complexe, comportant des formations rocheuses et des fresques colorées. Nous sommes admiratifs et étonnés par une réplique miniature de la Grande Muraille de Chine qui entoure un grand jardin.
De là-haut, la vue est fantastique sur les toits et une partie de la baie.
Autre communauté... Autre surprise ! À une poignée de minutes, sur le bord de la route, le Sri Pathira Kaliamman Temple, est un temple indien, dédié à la déesse Kali.
Une famille est venue chercher les bénédictions de la divinité. Le père pratique un rite intemporel, après avoir prié, il va se baigner sur les marches qui mènent à la mer, en offrant des fleurs à la mer.
Ici, des artisans chinois fabriquent les bateaux traditionnels en bois. Ces bateaux sont entièrement assemblés à la main.
Mais nous sommes vendredi, il est presque 18 heures, et les ateliers sont fermés. "Qu'à cela ne tienne". Nous allons sur les pontons. Toutes les grandes embarcations sont très colorées. Au large, il y en a qui partent pêcher en haute mer, d'autres, ont les cales, chargées de riz ou de bois.
Nous nous éloignons petit à petit de Pangkor-ville, mais à 5 kilomètres, dans le quartier appelé Sungai Pinang Kecil, un arrêt s'impose dans les ateliers de l'entreprise Kilang Satay Eng Sen.
C'est un magasin spécialisé dans le traitement par déshydratation, des poissons et des fruits de mer. À la fin du procédé, ils sont conditionnés dans des sacs en plastique ou vendus en vrac.
La salle de vente est vaste. Dans des bacs, les ménagères ont le choix entre les poissons, les poulpes, les huîtres... Séchés ou entiers, sous vide. Un responsable nous invite à visiter l'atelier.
Des ouvriers sont fiers de voir l'intérêt que l'on porte à leur travail. Ils nous proposent de goûter des chips de sweet fish (du poisson sucré) et de spicy fish (du poisson épicé).
Ma préférence va vers le sucré, il est meilleur, un vrai bonbon ! Mais pour les deux, il faut apprécier les saveurs exotiques...
Avant de quitter les lieux, Denise trouve une place dans le sac, pour placer des sachets de soupes d'anchois déshydratés.
Notre envolée routière continue au nord. La ligne d'asphalte longe les eaux turquoise et traverse une végétation luxuriante.
Enfin, notre boucle prend fin, nous voilà de retour à Teluk Nipah. Après avoir déposé le scooter, et effectué un brin de toilette, nous allons diner au Daddy's Café, un restaurant en bord de mer. La cuisine est de qualité, le prix léger...
Enfin, nous profitons jusqu'au dernier instant d'un magnifique coucher du soleil... Pangkor est magique !
Ce soir, les chalets sont tous occupés. Les habitants de Kuala Lumpur, n'hésitent pas à faire un long trajet, pour un ou deux jours de fraicheur et de détente.
Samedi 1er février 2020
Au réveil, de délicieuses odeurs nous réveillent. Une touriste malaisienne, dans un chalet voisin, fabrique des crêpes traditionnelles. Notre premier repas sur la terrasse est plus modeste, du thé et des beignets, achetés dans une épicerie.
Le soleil est déjà haut, lorsque nous décidons de passer la journée à la plage de Pasir Bogak, à deux kilomètres au sud.
Dès les dernières maisons de Teluk Nipah, nous traversons la plage de Turtle Bay. Un centre d'observation et de conservation des tortues, permet de connaître les détails de la ponte d'un œuf, jusqu'à son éclosion. Le bâtiment est fermé, la période de ponte s'étend d'avril à septembre.
Nous posons nos serviettes sur le sable doré de Pasir Bogak. Nous sommes en week-end et pourtant, la plage est déserte.
L'étendue dorée est un paradis de détente et de tranquillité, mais soudain, un groupe de loutres de mer arrivent de la forêt marécageuse en descendant un petit ruisseau. Elles sont adorables et joueuses, mais nous restons à une certaine distance.
La forêt et les mangroves abritent des dizaines de macaques crabiers. Leur observation est attrayante. Omnivores, ils se gavent de feuilles et de fruits, mais particularité plus désagréable, ils se nourrissent des détritus laissés par les touristes, il faut même veiller sur nos sacs.
La plage est un coup de cœur : elle est désertique, nous nous baignons dans une eau cristalline, seul un petit regret pour le snorkeling, car la visibilité est quasi nulle entre les rochers.
Dimanche 2 février 2020
Dans la nuit, nous avons été réveillés par le tonnerre et des trombes d'eau qui se sont abattues sur le village.
Ce matin, le ciel est d'une pureté inouïe. Les chalets se sont vidés, les citadins sont déjà partis vers Kuala Lumpur.
Écrasés sous le soleil, nous passons la journée sur la plage... Le voyage... La détente !
En Malaisie, les femmes voilées ne veulent pas exposer leur corps, alors, à la tombée de la nuit, elles restent habillées sur le sable. Certaines, emmitouflées dans une tunique intégrale, se baignent ou profitent des attractions marines.
Pour diner, nous asseyons à une table du Daddy's Café, face à la mer.
Dans la rue, les stands de nourriture, servent une nourriture locale et populaire... Thaïlandais, Malaise, l'utilisation des épices est généreuse. Un plat ne s'apprécie pas forcément par ses ingrédients (ici souvent identiques) mais par la façon dont ils sont cuisinés.
De retour à la chambre, nous préparation des sacs, demain matin, départ pour l'Ile de Penang.
Lundi 3 février 2020
Réveil à 5 heures, nous prenons un thé rapidement dans la chambre et nous montons dans un taxi (20 Rm).
Le ferry quitte l'appontement à 7 heures pour Lumut. Les passagers sont à cette heure-ci, uniquement des étudiants et des locaux, qui travaillent sur le continent.
À la gare routière, Denise achète les billets de bus, à la Compagnie Kesatuan Express (40 Rm) pour Butterworth située sur la partie continentale de l'état de Penang, un accès obligatoire pour atteindre l'ile de Penang.
Le conducteur démarre à 8 heures. Vers 10 heures, nous changeons de bus à Ipoh . La ville est le carrefour routier dans la région.
Terminé les forêts denses et la végétation luxuriante de Pangkor, les plantations de palmiers à huile bordent la route. La banlieue de Georgetown est une cité-dortoir. La ville de Butterworth, nous fait lever les yeux vers le ciel. L'horizon est barré, par une forêt d'acier et de béton.
Le conducteur, nous dépose à la station routière à midi. Nous grimpons au 1er niveau, c'est le point de départ des ferries. Denise achète deux tickets (2, 40 Rm).
La fréquence des bateaux en journée, est d'une rotation toutes les 20 minutes et la nuit, est d'une toutes les heures, de 22 heures à 1 heure du matin.
Le port a assuré à l'époque coloniale, le marché des épices. De nos jours, il accueille les grands porte-conteneurs. Dans de petits entrepôts, je remarque des bateaux de pêche traditionnels.
Il faut simplement 15 minutes pour traverser le bras de mer. Le capitaine accoste au Terminal de Georgetown sur l'ile de Penang. Devant nous, le front de mer est hérissé de bâtiments modernes. Une succession d'hôtels internationaux, de bureaux, de résidences et de centres commerciaux.
Sitôt débarqués, nous repérons la rue principale Lebuh Chulia. Nous la remontons à pied, pour rejoindre l'hôtel Hutton Lodge, que Denise a sélectionné dans le Guide du Routard. Trente minutes plus tard, nous arrivons dans le quartier.
L'accueil du personnel est chaleureux. La chambre, avec la climatisation, donne sur un jardin. Le wifi est bon. Pour 75 Rm la nuit, petit-déjeuner compris, le choix est excellent.
L'Unesco a inscrit, en 2008, Georgetown, capitale de l'ile de Penang, au Patrimoine Mondial. La cité, au nord de Kuala Lumpur a beaucoup de charme. Elle est reconnue pour ses monuments religieux, sa gastronomie de rue, son street art, et ses événements culturels et traditionnels... Nos passions dans le pays !
J'ai ciblé, pour terminer notre séjour, la fête religieuse hindou de Thaipusam qui va se dérouler le 8 février.
Nous avons une semaine, jusqu'au 9 février, date de notre départ pour Sumatra, pour satisfaire notre curiosité.
J'ai récupéré un plan de la ville. Nous partons dans les rues bondées du centre historique.
Le quartier chinois est proche de notre logement, il est constitué de shophouses. Les maisons anciennes, les unes à côté des autres, sont à un ou deux étages. Le rez-de-chaussée, y compris le passage sous les arcades sont utilisés pour le commerce, les propriétaires vivent à l'étage supérieur. Les murs sont abîmés, parfois décrépis, toujours colorés de teintes vives.
Le parc de la rue Lebuh Carnarvon, malgré l'épidémie qui sévit en Chine et gâche la fête du Nouvel An Chinois, est décoré de rouge, la couleur symbolique du bonheur et de la chance... Jusqu'au mois de février 2021, l'année du Rat va entamer ce nouveau cycle.
Le carrefour, entre les rues Lebuh Armenian et Lebuth Cannon, est un musée à ciel ouvert. Les graffitis sont partout, des centaines, comme nous en avons déjà vu à Ipoh. Les œuvres, qu'elles soient, peintures murales ou sculptures en fer forgé, sont particulièrement photogéniques.
Au fil des découvertes, elles nous captivent, parfois avec humour, parfois avec un regard interrogateur.
Si nous sillonnons à pied, les rues de long en large, les touristes, principalement asiatiques, sont calés dans les trishaws, les pousse-pousse, colorés et fleuris.
Nous découvrons les maisons de clan Tong Tan Kongsi, construites par les familles chinoises de la diaspora.
Les maisons, reposent sur un système d'entraide, entre chaque membre du clan : logement, bourse pour les étudiants et prêt financier entre autres. Un temple est toujours édifié pour honorer les ancêtres, il est l'heure de la fermeture, mais la gardienne nous laisse entrer quelques instants.
Un quartier, en bord de mer attire les touristes. Pourquoi ?
Au 19e siècle, les immigrés chinois ont construit deux villages flottants appelés Lim Jetty et Chew Jetty où l'on peut voir des maisons sur pilotis.
Ce sont des habitations atypiques en milieu urbain, où la vie des familles s'expose au grand jour. Il y a des boutiques de souvenirs, et des vendeurs de vêtements. Chaque pas sur les pontons bringuebalants, est une découverte, une immersion dans le passé. Nous y reviendrons sûrement.
Quelle chance ! Malgré l'heure tardive, un marché couvert est encore ouvert. Denise achète des fruits et des gâteaux, avant de rentrer à notre logement.
Mardi 4 février 2020
Au soleil du matin, le petit-déjeuner est servi dans le jardin de l'ancienne villa de style colonial.
Se déplacer en ville est facile. Assez rapidement, nous arrivons dans le quartier Petite Inde, la rue Lebuh Chulia est l'axe central de la cité.
Dans un petit périmètre, l'air, est empli des divers parfums irrésistibles des cuisines malaisiennes, indiennes et chinoises. La rue est le paradis pour le lèche-vitrines, les bars, les restaurants et les monuments religieux.
Le Sri Mahamariamman Temple, est ancien, il a été construit en 1883 et dédié à la divinité Muthu.
Son gopuram, la tour pyramidale d'entrée, est richement agrémentée de divinités et d'animaux sacrés, aux couleurs chatoyantes. Le monument fait partie du patrimoine culturel de la ville. Ouvert de 6 heures à 12 heures et de 17 heures à 21 heure. L'accès est gratuit.
Denise demande l'autorisation à un prêtre d'y entrer. Nous laissons nos chaussures à l'extérieur, des prêtres effectuent des prières.
Nous restons légèrement à l'écart de la cérémonie, il n'y a aucune restriction pour prendre des photos.
Autre temple, autre culture !
Nous franchissons la porte du temple chinois, Tokong Han Jiang, à seulement quelques mètres de là.
Achevé en 1870, le temple abrite des autels richement détaillés. La porte principale, à deux ventaux, est magnifiquement peinte avec des dieux d'une teinte couleur or.
Une oasis dans la ville... Les bruits sont étouffés, l'ambiance est paisible et calme.
De l'autre côté de la rue, les musulmans viennent prier à la Mosquée Nagore Dagha Shérif. Elle date du début des années 1 800, construite par les Chulias, un groupe ethnique, originaire de l'Inde du Sud. Ses portes sont fermées.
Ici, dans ce quartier historique, les temples chinois côtoient les mosquées et les lieux de cultes bouddhistes. Mais l'art urbain, qui s'est développé au siècle dernier, a métamorphosé les façades des vieux murs.
La rue Lebuh King est le cœur de Little India.
Dans ce grand pâté de maisons, il y a les couleurs de l'Inde, les odeurs et les saveurs épicées de l'Inde et la musique de l'Inde !
Amateurs d'un voyage authentique, nous plongeons dans un univers et une culture unique. Dans les boutiques, depuis des années, des haut-parleurs diffusent de la musique traditionnelle... Des millions de décibels ! Dans les rues, le silence n'existe jamais... Les klaxons assourdissants des voitures et des rickshaws, les travaux et les chansons étourdissantes de la musique "Bollywood". La pollution sonore est partout.
Mais la rue, c'est un tourbillon de couleurs. Les fleurs, exposées à même le sol, sur des étals ou dans des paniers en osier, sont vendues en vrac, ou en guirlandes et en colliers.
Nous avons droit à un festival de couleurs dans les boutiques. Les saris, sont fabriqués dans des tissus de soie et de coton, colorés de couleurs éclatantes : le blanc, le bleu, le jaune, le noir et l'orange symbolisent la tradition.
À quelques pas de là, l'effervescence bourdonnante disparaît, nous sommes presque déstabilisés lorsqu'on arrive dans le quartier Esplanade Road. Composé d'espaces verts, la jetée qui longe le littoral, est particulièrement choyé par les jardiniers.
Deux bâtiments témoignent du passé colonial de Georgetown.
La ville à cette époque était surnommée la "perle de l'Orient". Le City Hall, borde Penang Esplanade, un parc aéré à la pelouse à "l'anglaise". Le magnifique palais a été construit en 1903 pour être le siège du Conseil municipal.
Il en "impose" avec sa façade victorienne blanchie à la chaux et des colonnades néo-baroques.
Nous filons, tout à côté. Ici s'élève la Town Hall, un autre trésor architectural, facilement reconnaissable grâce à sa couleur jaune.
Ce monument historique, construit en 1883 est l'ancien siège de la mairie, de nos jours, il accueille des expositions d'art.
La grande rue aligne des bâtiments issus de tous les styles d'architecture. Ce quartier, semble être le plus esthétique de la capitale.
L'église Saint-Georges, bâtie en 1818, est la plus ancienne église anglicane du Sud-sst de l'Asie. Elle se distingue par sa flèche immaculée de blanc.
Nous ne pouvons pas entrer à l'intérieur. Par précaution, elle est fermée, en raison de la pandémie du coronavirus qui affecte la Chine.
C'est un plaisir de déambuler dans le quartier, et pourtant, le soleil est franchement chaud, et la chaleur accablante.
En descendant Beach Street, nous arrivons devant Jubilee Clock Tower.
La tour de l'horloge a été édifiée pour la soixantième année de règne de la reine Victoria. Ce vestige de la colonisation, fut achevé en 1902, après la mort de la souveraine... Mais pourquoi un dôme bulbeux à son sommet ?
Retour vers les couleurs vives des quartiers populaires. Les tours-opérateurs entrainent les visiteurs au Pinang Peranakan Mansion, dans une ancienne belle demeure de Penang. L'édifice fait partie du catalogue des Agences de Tourisme.
Dès l'entrée, il est impossible d'avancer, les voyageurs asiatiques prennent trop de temps pour réussir le selfie parfait. L'endroit semble fascinant... Dommage !
Le Cheah Si Sek Tek Tong Kongsi, est un temple chinois, niché dans Lemuh Armenian. ll a été créé en 1810 par l'association de clan Cheah.
Après que l'on soit passé sous une arche richement ornée, Denise règle le prix d'entrée, pour la modique somme de 20 Rm pour nous deux.
Récemment rénové, il a été transformé en un centre culturel, qui met en valeur le patrimoine des Chinois. Son toit, de tuiles rouges vernissées, est orné de dragons et de sculptures finement exécutées, qui représentent des animaux. Nous grimpons à l'étage pour découvrir la salle de prières.
Toutes les richesses sont regroupées dans trois sanctuaires. Les représentations des divinités, des meubles et des autels, enjolivent les salles. Nous ne nous attendions pas pour trouver une telle opulence.
Cette ville nous attire comme un aimant. Dans ce labyrinthe de rues étroites, l'atmosphère est reposante. Dans Lebuh Cannon, loin de la rumeur du centre-ville, une curiosité s'offre à notre regard.
La Mosquée Melayu Lebuh Aceh a été construite en 1808, par des Indonésiens, qui sont venus de Aceh, une région au nord de Sumatra en Indonésie.
De vieilles maisons, séparées les unes des autres, sont restées dans leur jus, alors qu'une rangée de shophouses colorées, trop éloignées des rues commerçantes, n'accueillerons jamais de commerces, sous les arcades.
Dans la rue Chulia, le restaurant indien Kapitan, sert des plats succulents.
Les naans à l'ail, accompagnent parfaitement le poulet Tikka Massala, le plat est légèrement épicé. Un petit voyage sensoriel !
Mercredi 5 février 2020
Le petit-déjeuner est identique à celui de la veille. Denise, le complète avec des fruits achetés au marché.
Si le ciel est chargé de nuages, la température est caniculaire à 10 heures lorsqu'on quitte la réception de l'hôtel.
À l'angle des rues Hutton et Penang, nous grimpons dans le bus n° 204 (4 Rm les deux tickets) pour Penang Hill. À 6 kilomètres à l'ouest de la ville, le sommet de la colline, culmine à 833 mètres d'altitude. Le site est surnommé Bukit Bandera par les locaux.
La conductrice, nous dépose à la station du téléphérique, qui fait la jonction avec le sommet.
Dans le hall, Denise achète les 2 billets, seulement l'aller, 30 Rm. Pour le retour, nous descendrons par un chemin dans la jungle. Un tronçon est parallèle au funiculaire.
Penang Hill est le rendez-vous "fraicheur" des Georgetoniens.
Il n'y a pas foule sur la plateforme d'observation. Malgré la brume, la visibilité est acceptable sur Geogetown et les deux immenses ponts routiers.
Un plan des sentiers à la main, nous démarrons la promenade sur un sentier bétonné et balisé. Il y a peu de touristes occidentaux et les locaux, se font transporter dans des voiturettes électriques. L'allée est pour nous !
Pour me repérer, je signale par des flèches, les sentiers que nous souhaitons emprunter.
Flèche de couleur rouge : le chemin est goudronné, sans dénivelé, à part près de Tiger Hill.
Flèche de couleur bleue : le sentier est balisé et empierré.
Flèche de couleur rose : le chemin est balisé et descend dans la forêt, puis remonte avec un fort dénivelé jusqu'au funiculaire.
Là-haut, nous laissons de côté les restaurants, les boutiques de souvenirs et d'anciens bâtiments coloniaux. Seule la randonnée nous intéresse.
Après l'architecture urbaine, nous renouons avec la nature. Des arbres immenses, une végétation luxuriante. Des plantes carnivores qui capturent les insectes, des orchidées sauvages, des fleurs endémiques orange, rouge, jaune ou écarlate. Des panneaux renseignent sur la faune et la flore.
Nous jetons un coup d'œil à Heritage Post Box, une ancienne boite aux lettres, érigée sous le règne de la reine Victoria de 1837 à 1901.
Après avoir multiplié les clichés, nous descendons, par des escaliers abrupts qui plongent dans la forêt. Ce choix est le bon pour rencontrer des animaux.
Il n'y a pas de grands mammifères dans le parc, mais nous croisons un écureuil craintif, et une famille de Dusky Leaf-Monkey, des singes appelés aussi Langur Spectacled. Ces peluches, d'un gris foncé, ont des lunettes blanches autour des yeux... Je suis comblé !
La descente de la colline est ardue, heureusement les dernières pluies datent de plusieurs jours, et le sentier Heritage Trail est sec. Le sol est un "mix" d'escaliers empierrés, de rocailles et de racines.
La pente, petit à petit s'adoucit, nous traversons des parcelles destinées au maraichage. Enfin, au bout d'une heure, nous terminons la longue descente de 700 mètres de dénivelé.
Quel panorama grandiose !
À l'entrée du quartier Ait Itam, le Sri Ruthra Veeramuthu Maha Mariamman Devasthanam, un des plus anciens temples hindous de Penang, est une orgie architecturale.
Tout a été fait à la démesure... Une débauche étourdissante de sculptures fascinantes et d'une finesse incroyable, des dieux et des déesses aux teintes vibrantes.
Des temples, nous en avons vu énormément, mais celui-ci, il postule, pour être sur la plus haute marche du podium.
Ses grilles sont fermées, mais à travers les grilles, je capture un bel aperçu de l'intérieur.
Air Itam, se trouve à 10 kilomètres de Georgetown, dans une zone densément peuplée.
Les immeubles récents réunissent les trois grands groupes ethniques majoritaires du pays. Les Malais, les Chinois et les Indiens. L'exemple typique de la société multiculturelle malaisienne.
Ici, l'Islam est prédominant, mais toutes les religions ont leur place.
Un marché s'étend sur plusieurs petites rues. Dans une ambiance chaotique, les visiteurs se fraient un chemin entre les étals. Allah, Marie, Vishnu, Shiva ou encore Buddha, dans cette banlieue, Dieu est dans toutes les échoppes !
À chaque pas, nous avons l'impression de circuler dans la caverne d'Ali Baba, des couronnes de fleurs aux mille couleurs, des lanternes rouges, en soie ou en papier, des saris colorés et des bijoux scintillants. Mieux vaut maîtriser l'art de la négociation...
Édifié sur une colline, le Kek Lo Si Temple visible à l'horizon, est l'un des plus grands complexes bouddhique de Malaisie, et même d'Asie du Sud-est. Dans un dialecte chinois, le nom du temple serait "Temple de le Joie Suprême".
Son architecture, mêle les influences chinoises, thaïlandaises et birmanes.
Sa construction date du début du 20e siècle, ce sont les communautés chinoises, enrichies par le commerce de l'étain et du poivre qui ont financé ce projet spirituel.
Du centre-ville, pendant une dizaine de minutes, nous marchons lentement en suivant les ondulations d'un trottoir escarpé, encombré d'échoppes. Arrivés au bout de l'ascension, nous débouchons sur un immense parking.
L'accès au complexe principal est gratuit. Pour visiter la pagode aux 10 000 bouddhas, Denise règle le prix des 2 billets, le tarif est très modique, 4 Rm.
Nous débutons la visite. Au centre du complexe, plusieurs salles et pavillons sont consacrés aux multiples pratiques bouddhistes. Dans la salle principale, je suis abasourdi par la beauté des colonnes sculptées et des peintures murales, qui retracent les épisodes de la vie de Bouddha.
Nous grimpons à la pagode octogonale à 7 étages. La pagode des 10 000 Bouddhas est unique, elle combine les trois styles architecturaux. Sa base présente un style chinois, les étages intermédiaires un style thaïlandais, et le sommet doré un style birman.
Du 6e étage, la vue sur Georgetown est époustouflante. Plus près, c'est une mosaïque de toits vernissés jaunes, et une succession de temples, rattachés les uns aux autres.
Les jardins paysagers intègrent parfaitement la végétation tropicale, des éléments décoratifs et des bassins aux tortues. Les jardins, font partie de ce lieu de pèlerinage des familles malaises.
Les murs du grand temple Kuan Yin sont recouverts de 4 000 statues dorées, à l'effigie de la déesse.
La statue de bronze, représentant Khan Yin, la déesse bouddhiste de la compassion, domine le site du haut de ses 31 mètres de hauteur.
Visible depuis des kilomètres, elle est hors du site. Son accès est possible par un funiculaire, en voiture ou à pied.
Nous redescendons dans le quartier, au pied du site.
En attendant l'illumination, nous dinons dans un "food court" occupé principalement par la population locale.
La nuit, la période du Nouvel An chinois métamorphose le temple. Il est encore trop tôt, nous faisons demi-tour en ville pour nous restaurer.
Des stands de nourriture sont installés. Pas de chichi dans les minuscules échoppes. Des dizaines de personnes, sont entassées sur des tabourets en plastique, alignés autour des tables en plastique !
Des petites mains offrent aux gourmands les produits cuisinés sur place. Les parfums des fruits se mélangent aux odeurs des viandes grillées, les saucisses aux fruits de mer frais... Nos sens sont sans cesse sollicités dans cette orgie d'odeurs et de saveurs.
Vers 20 heures, 10 000 lanternes colorées, transforment le temple en féerie lumineuse.
Le site est immense Disneyland... Quelle journée !
Le temple convie le visiteur à la démesure. C'est une découverte unique, surprenante et captivante, dans un tourbillon de couleurs.
Les bus 204 et 502 assurent le trajet retour à Georgetown. Le n° 204 (4 Rm les 2 billets) est le premier à se présenter. Le conducteur, nous dépose 30 minutes plus tard devant notre hébergement.
Jeudi 6 février 2020
Le soleil est haut et chaud, ce matin, nous goûtons un repos bien mérité dans notre logement. Installé dans le jardin, je sors mon carnet de notes pour le mettre à jour. Denise, va se balader dans un petit bazar de rue.
Ragaillardis par cette mâtinée, nous sortons de l'abri ombragé, pour retrouver les rues chaudes comme une étuve. Nous marchons d'un bon pas, vers les quartiers nord qui bordent la mer.
La rue Burmah abritait autrefois une importante communauté birmane. De nos jours, quelques maisons coloniales résistent à l'usure du temps, et des éléments marins. Le quartier s'est embourgeoisé, l'urbanisation très moderne, fait de l'ombre aux édifices religieux.
Dans ce quartier, deux temples majeurs se font face.
Nous entrons dans l'enceinte du Temple thaï Chayamankalaram, construit en 1845, son accès est gratuit.
La curiosité principale, est une immense statue d'un bouddha couché, long de 33 mètres. Érigé en 1958, il est drapé dans une robe recouverte de feuilles d'or.
Plusieurs petits temples, aux symboles et statues thaï, forment un bel ensemble architectural.
Nous traversons la rue. C'est la communauté birmane, qui a construit en 1803, le Dhammikarama Burmese Temple. Au centre d'un superbe jardin, c'est le seul temple birman en Malaisie. Ici aussi, l'entrée est gratuite.
À l'entrée, un bouddha debout en marbre haut de 8,20 mètres distribue avec sa main gauche des bénédictions.
La chaleur est diabolique, mais qu'est-ce qu'il fait bon dans ce jardin un peu kitch... Nous passons successivement devant un globe terrestre, une fontaine, et des statues de créatures mythiques qui symbolisent la prospérité, la chance, le bonheur. D'autres évoquent : la terre, l'eau, et l'air.
Se balader dans cette ambiance sereine et reposante est un enchantement, au milieu des buildings et de l'effervescence des rues.
La rue Lorong Bangkok est une rue unique de par son histoire.
En 1928, un riche homme d'affaires chinois, a fait construire 41 maisons identiques, pour sa famille, avec une seule exigence... Ne jamais les vendre.
Aujourd'hui, la majorité a été transformée en magasins branchés, ou en maisons d'hôtes, mais elles appartiennent toujours à ses descendants. Le style colonial est une vraie réussite architecturale.
La fin de journée s'annonce, nous avons bien marché. Un restaurant propose de la cuisine indienne. C'est une explosion de saveurs dans les assiettes. La salle est comble, de jeunes convives préfèrent l'ambiance décontractée sur les trottoirs.
En soirée, dans la rue, nous suivons les fidèles qui se rendent au Sri Mariamman Temple.
La fête religieuse de la communauté tamoule, appelée Thaipusam est une célébration de trois jours et elle débute ce soir.
La fête se déroule lors de la pleine lune du mois Tamoul de Thai, entre janvier et février. Cette cérémonie, symbolise la victoire du bien sur le mal.
Thaipusam coïncide avec la célébration du Nouvel An chinois, les pétards répondent aux Thappus (des tambours ronds)... Alors qu'elle est interdite en Inde, la cérémonie perdure en Malaisie. Principalement à Georgetown et dans les Grottes de Batu à Kuala Lumpur.
À cette occasion, les hommes s'infligent des tortures volontaires. Langues, joues, lèvres et pommettes sont transpercées de flèches, le dos est mutilé par des genres d'hameçons. Le tout dans une ferveur où la douleur disparaît...
Devant le temple, sous une bâche en plastique, des fidèles préparent un char d'or, où sera installée, demain, la statue du dieu Muruga.
La rue est colorée vibrante et vivante. Des jeunes, dansent au rythme des cymbales et des tambours. Nous sommes captivés par les femmes qui portent avec grâce et élégance, des saris aux teintes éclatantes. Très coquettes pour cette occasion, elles portent dans leur chevelure noire des bijoux faits à la main, des fleurs artificielles et des diadèmes.
Soudain, les regards se tournent vers un immeuble voisin. Sur une estrade, sont exposés les bijoux et les parures d'une divinité.
Des étals décorés, installés sur les trottoirs servent des boissons et des plats végétariens indiens. Une longue file s'allonge devant les tables remplies de victuailles. Le repas est gratuit, il fait partie de la fête.
À 22 heures, tout chamboulés par cet artifice de couleurs et de bruits, nous rentrons à l'hôtel. Dans la chambre, Denise règle l'alarme du réveil à 4 heures. Le théâtre spirituel, fait de processions et de rituels, est très matinal.
Vendredi 7 février 2020
Dès cinq heures, nous sommes prêt pour partir. Le gardien de nuit insiste pour que l'on boive le tchaï du matin.
Il est trop sympathique, mais nous piaffons d'impatience, l'opportunité de découvrir les festivités, et le spectacle visuel, démarre à 6 heures, au Temple Mariamman.
Nous approchons, sur les trottoirs, une vague de couleurs avance bruyamment. Des jeunes, des anciens et des enfants se dirigent dans la même direction.
Devant l'entrée du temple, des femmes, drapées dans des saris colorés et des hommes, barbus et enturbannés, en tenues traditionnelles, sont rassemblés devant le char doré.
L'ambiance est indescriptible, des prêtres s'affairent à installer le dieu Muruga, décoré de belles parures.
Le rituel est à couper le souffle, avec des gestes ancestraux, les prêtres bénissent les offrandes, des fruits et des fleurs, offerts par les fidèles
La ferveur est immense, amplifiée par la musique distillée par des musiciens. Avant le départ de France, j'avais coché d'un gros trait, les dates de la fête.
À l'angle de la rue Chulia, un deuxième char se présente, celui-ci est couleur argent.
Le cortège grossit. Des jeunes hommes, le torse nu, portent des plumes de paon sur les épaules, ils attendent le départ de la procession.
Enfin, le cortège démarre vers 7 heures. L'ambiance est irréelle, les mains jointes en signe de prières, les gens avancent aux sons stridents des clarinettes, et des incantations reprisent en chœur. Le brouhaha est indescriptible.
Le jour se lève, c'est une mer humaine qui avance. La foule est vêtue de jaune, de vert et de safran, les couleurs sacrées de Murugan. Au rythme des bœufs qui tirent le char, tout le monde veut toucher la divinité. Le spectacle est si curieux et insolite, que je prends des clichés sans relâche, fasciné par cette cacophonie incessante.
Tout attire notre attention... Tout attire notre curiosité. Une des traditions nous laisse perplexes. Je remarque des petits tas de noix de coco sur les trottoirs, bien évidemment, je pose la question... Pourquoi ? La raison qui est donnée à Denise, nous laisse songeurs.
Les fidèles, brisent les noix de coco pour se purifier, ce geste symbolise également l'abandon de leur ego. Plus la personne en brise, plus la chance lui sourira. Dans cette atmosphère de joie, un service de nettoyage, à l'arrière du défilé, se charge du ramassage et du nettoyage de la chaussée.
L'air est rempli du son des tambours traditionnels. La vague de ferveur se fait sentir autour des étals de restauration, les fruits et les plats végétariens sont engloutis dans un moment de fraternité et de spiritualité...
Un petit char, se joint à la procession. Il est tracté par des hommes, une sono bricolée à l'avant. Les temples n'ont pas tous, les mêmes moyens financiers !
Mais le cœur des fidèles est rempli de la même énergie spirituelle.
À 10 heures, je range l'appareil photo, et nous quittons les mouvements et le tohu-bohu du cortège.
Dans le marché, appelé Pasar Chowrasta, nous plongeons dans les traditions culinaires de l'Asie. Chaque allée, conformément à la tradition asiatique est spécialisée ; le rayon poissonnerie est particulièrement achalandé.
Les prix ne sont pas affichés, tout repose sur la capacité du commerçant à vendre et sur celle de l'acheteur à marchander. Nous ne pouvons que saliver devant le stand des grosses crevettes.
Nous passons dans un quartier qui ne présente aucun intérêt architectural, mais à un croisement, nous "tombons" sur la rue Lim Chhwee Leong. Il est 14 heures, le cortège a avancé... De seulement 1 kilomètre !
Des femmes viennent vers nous, un large sourire aux lèvres. Les voix sont généreuses, elles nous invitent à s'approcher des étals de plats végétariens. Denise répond en anglais, il est impossible de refuser, et les plats, même végétariens sont si bons.
Les Asiatiques sont de vrais commerçants. Si les repas sont gratuits, des étals proposent des fleurs et des souvenirs.
Dans un parc ombragé, nous prenons un peu de repos. Nous profitons de cet arrêt, pour demander des informations, sur le défilé de demain matin.
Nous sortons bien reposés de cette petite oasis, nous marchons d'un bon pas jusqu'à la Masjid Kapitan Kelin, dans le centre historique.
La mosquée fait partie du patrimoine culturel du 19e siècle et elle est, la plus grande de la ville.
Elle se caractérise par ses façades blanchies à la chaux et ses dômes de style moghol. Je remarque les haut-parleurs en haut de l'impressionnant minaret. Je plains les voisins. Le vendredi, jour de la prière, ses portes sont fermés aux visiteurs étrangers.
Le Temple Hock Teik Cheng Sin, rue Armenian, est un temple taoïste. Dans une grande cour, protégée par de hauts murs, se déroule une cérémonie. Un gardien nous invite à nous asseoir.
Aujourd'hui, la communauté fête Chingay, une tradition du culte taoïste. Dès les danses terminées, les participants et les musiciens se dirigent dans la rue pour effectuer une parade... Un défilé supplémentaire à l'occasion du Nouvel An chinois.
Marcher dans les rues de Georgetown est une expérience unique. Dans les rues étroites, il faut garder les yeux grands ouverts, pour capter les scènes populaires... Sous le ciel bleu et la température écrasante, les conducteurs de pousse-pousse, en pause, sous l'ombre d'un gros arbre.
Repérer les shophouses, décorées avec les couleurs vives et éclatantes du street art. Nous ne nous en lassons pas !
S'inquiéter pour les douzaines d'œufs empilés sur la moto d'un transporteur. Un exercice qui défie les lois de la pesanteur et de l'équilibre. Quelle charge insolite !
Dans une rue touristique, entre les boutiques et les restaurants, nous découvrons sur une estrade, l'art ancestral du Wayang Kulit, le théâtre d'ombres.
Mais ce début d'année est contrarié par la pandémie qui sévit en Chine. Le coronavirus, affecte le tourisme chinois, qui s'effondre.
Samedi 8 février 2020
Ce matin, peu à peu, le ciel s'enflamme et le soleil plonge sur la ville. La température devient oppressante.
Le vendeur de beignets a installé son petit stand depuis le lever du jour. Ses beignets sont irrésistibles.
Nous avons eu énormément de mal à trouver les bonnes informations sur les modalités de la procession de Taipusam.
Où, quand, comment et à quel horaire ? Nous ne voulons pas suivre un guide officiel. Le problème, est que plusieurs processions sont organisées suivant l'emplacement des temples, et chacun à son itinéraire.
Le plus facile pour nous est de se rendre au Temple Sri Maha Mariamman.
Vers 9 heures, nous entrons dans le lieu de culte. L'accès est ouvert à toutes les personnes, et de chaque confession. Une musique envoûtante et rythmée raisonne pour la fête.
La fête religieuse a débuté au petit matin. Le char doré est parti avec les premiers dévots. La scène qui s'offre à nous me laisse sans voix. Avec émotion, je regarde les personnages... Il y a les prêtres, tous sont imposants par leur gabarit. Leur vêtement, est une simple tunique rouge. Ils profèrent d'une voix très forte des incantations.
Les autres, sont les dévots, appelés aussi pénitents, ils portent eux aussi une tunique orange ou jaune. Je suis consterné par leur regard. De jeunes gens, de la communauté chinoise, sont entouré par les membres de leur famille, venus pour les encourager.
La vision est étonnante, certaines scènes effrayantes, et je souhaite faire des photos, mais je me pose les questions... Est-ce possible ? Faut-il une autorisation ? Autour de moi, des personnes mitraillent avec leur smartphone. Alors je me fais discret, et je clique sur l'appareil en une fraction de seconde.
Les pénitents, après avoir prié devant un autel, se dirigent vers un des prêtres. Lui seul, connait les parties du visage insensibles à la douleur.
Après avoir enduit une pommade sur le visage d'un garçon, il lui perce les joues avec une pointe métallique, terminée par un trident, symbolisant la lance de Muruga.
Sa précision est remarquable. Il accompagne le geste de prières, scandées avec force, pas une goutte de sang n'apparait. Il termine la souffrance, en fixant des citrons verts, aux extrémités, puis, il pose des crochets dans son dos, auxquels sont suspendus des petits pots de lait.
La fête religieuse a débuté au petit matin. Le char doré est parti avec les premiers dévots. La scène qui s'offre à nous me laisse sans voix. Avec émotion, je regarde les personnages... Il y a les prêtres, tous sont imposants par leur gabarit. Leur vêtement, est une simple tunique rouge. Ils profèrent d'une voix très forte des incantations.
Les autres, sont les dévots, appelés aussi pénitents. Ils portent eux aussi, une tunique orange ou jaune. Je suis consterné par leur regard. De jeunes gens, de la communauté chinoise, sont entouré par les membres de leur famille, venus pour les encourager.
Les pénitents, après avoir prié devant un autel, se dirigent vers un des prêtres. Lui seul, connait les parties du visage, insensibles à la douleur.
Après avoir enduit une pommade sur le visage d'un garçon, il lui perce les joues, avec une pointe métallique, terminée par un trident, symbolisant la lance de Muruga.
Sa précision est remarquable. Il accompagne le geste de prières, scandées avec force, pas une goutte de sang n'apparait... Il termine la souffrance, en fixant des citrons verts, aux extrémités, puis, il pose des crochets dans son dos, auxquels sont suspendus des petits pots de lait.
Dans une salle voisine, deux pénitents, après s'être fait transpercer les joues et la langue, se font accrocher à même la peau, sur les épaules et le dos, une structure en métal, ornée de décorations. Cette armature porte le nom de Kavadi. Le prêtre applique de la poudre sur les corps meurtris. Toutes ces blessures cicatriseront d'ici 2 jours pour les plus petites et une quinzaine de jours pur les plus grosses.
Dès que l'armature est fixée, les hommes partent en courant dans la rue. Incroyable, car ces structures pèsent une trentaine de kilos ! Maintenant, il s'assoit sur une chaise, des amis et des membres de la famille, posent sur les supports, des plumes de paon, des fleurs et des statues miniatures.
Denise bavarde dans la rue avec deux femmes. La plus âgée, est la mère d'un jeune pénitent, l'autre, Lourdelyng sa femme.
Tous les secrets de la cérémonie lui sont délivrés. Une semaine avant l'événement, les fidèles s'imposent un strict régime végétarien, bannissent les plaisirs de la chair et consacrent du temps à la méditation et à la prière.
La jeune femme, nous donne les raisons du rituel. Pour des pénitents, c'est par dévotion, pour d'autres, c'est un acte de pénitence.
L'action de son mari n'a rien de religieux. C'est une souffrance qu'il s'impose, en remerciement du rétablissement de son père, qui a subit une opération du cœur. Dans le petit groupe, le plus jeune, ne veux pas subir de souffrances. Pour espérer que ses vœux soient exaucés, il va porter un pot de lait.
Lourdelyng, nous propose de se joindre à elle, et les accompagner pendant la procession.
À 11 heures, le groupe démarre en direction d'Arulmigu Balathandayuthapani Temple, un sanctuaire hindou, situé à 8 kilomètres, au sommet de la colline de Jalan Kebun Bunga.
Les pénitents avancent pieds nus, le thermomètre doit afficher 32 °C, c'est inouï, au sol, l'asphalte doit approcher les 40 °C. Quelle souffrance supplémentaire.
Je suis abruti de chaleur, j'avance très lentement, au rythme des dévots, et comme tous les accompagnants, j'asperge les pieds des jeunes, avec ma bouteille d'eau...
À 11 heures, le groupe démarre en direction d'Arulmigu Balathandayuthapani Temple, un sanctuaire hindou, situé à 8 kilomètres, au sommet de la colline de Jalan Kebun Bunga.
Les pénitents avancent pieds nus, le thermomètre doit afficher 32 °C, c'est inouï, au sol, l'asphalte doit approcher les 40 °C. Quelle souffrance supplémentaire.
Je suis abruti de chaleur, j'avance très lentement, au rythme des dévots, et comme tous les accompagnants, j'asperge les pieds des jeunes, avec ma bouteille d'eau...
L'air est saturé d'encens, les instruments de musique résonnent et rythment les pas des pénitents.
Dix temples jalonnent le parcours, le groupe effectue un arrêt à chacun, où ils formulent leurs souhaits. En retour, ils sont bénis. Des fidèles, en criant des incantations, fracassent des noix de coco, ce qui les libèrent de leur ego.
Au fur et à mesure de notre progression, la chaleur devient démoniaque. L'asphalte est brûlant, près des temples, des spectateurs, vêtus de jaune et de safran, arrosent la chaussée, avec des tuyaux et des seaux d'eau.
Parmi le petit groupe, je jette un regard inquiet sur le moins résistant, sa souffrance doit être atroce, il ralentit l'avancée du groupe.
Dans la dernière ligne droite, à l'approche de la colline, des groupes de chanteurs et de musiciens, entonnent des chants au rythme endiablé, accompagnés par une musique "Bollywood", une combinaison de mélodies traditionnelles et des influences modernes occidentales.
La ferveur est collective, elle frise l'hystérie lorsque des groupes se rejoignent. C'est un tourbillon de couleurs ! Les hommes ont un regard hypnotique, perdu, détaché de leur propre corps.
Leur endurance physique est entamée. Fatigués, ils reprennent leur souffle pour repartir de plus belle, seuls, en transe, ou soutenus par leur famille.
Les fidèles, portent soit sur leur tête, soit à la main, ou sur une tige fixée au visage, des pots métalliques remplit de lait, symbole de fertilité et d'abondance.
D'autres, portent un kavali sur les épaules, les joues et la bouche transpercées par des broches, ce qui symbolise le vœu de silence.
Je suis frappé par la force des plus courageux. En état de transe, ils avancent dans d'atroces souffrances, le dos couvert de crochets, symbolisant la victoire du bien sur le mal. Ils sont retenus fermement par des cordes tenues par un accompagnant.
Chaque repentant vit le Thaipusam suivant ses motivations !
L'heure de la délivrance approche. À 15 heures, nous arrivons au point final du pèlerinage, à l'Arulmigu Balathandayuthapani Temple.
Le temple, avec son gopuram de sept niveaux et haut de 21 mètres, est présenté pour être le plus grand, dédié au Seigneur Murugan, en dehors de l'Inde.
Le supplice des pénitents n'est pas encore terminé. Tant bien que mal, dans un état d'épuisement complet, les hommes grimpent 510 marches, pour atteindre le sommet de la colline.
Lourdeling, nous invite à nous déchausser, pour gravir les dernières marches.
Là-haut, le panorama est grandiose sur les immeubles de Georgetown.
Nous entrons dans le mandapan. C'est la grande salle des prières décorée de colonnes, et soutenue par des rangées de piliers sculptés.
Un rituel bien organisé se déroule. Les pénitents remercient le dieu Muruga, et lui demandent pardon. Ils lui communiquent leurs souhaits, ou leurs remerciements.
D'autres prières sont proférées par un prêtre, lorsque le lait, porté par les dévots est versé dans de grandes jarres.
Le groupe d'amis est réuni. Tous ont accompli leur "pèlerinage".
Le moment de la libération arrive. Des prêtres leur enlèvent les piques métalliques. Identique à ce matin, pas une goutte de sang ne s'écoule des plaies. Ensuite, le prêtre enduit les parties blessées, avec une poudre blanche pour accélérer la cicatrisation. Lourdelyng, nous indique que c'est de la cendre bénie.
Nous descendons dans la grande rue. Des stands de nourriture sont installés partout. Des repas, des fruits et du miel, sont distribués gratuitement aux pénitents, et à tous les suiveurs.
Tous les membres du groupe souhaitent partager le repas qui termine la procession.
Une fête Indienne célébrée par des Chinois... Le pèlerinage n'est pas réservé qu'aux Tamouls, la tolérance religieuse est respectée.
Tous les participants viennent remercier Muruga, qui a exaucé leurs prières. Pour certains, c'est la réussite des études des enfants, pour d'autres, la chance dans un parcours professionnel.
Nous imprimons dans notre mémoire cette belle rencontre. Au cours du parcours, nous avons vécu une belle leçon de vie, un événement unique, qui va rester un moment fort de notre voyage.
Nous faisons nos adieux à nos amis d'un jour. Denise remercie Lourdelyng de son invitation et de ses nombreuses anecdotes.
Dans les allées bondées, des coiffeurs coupent les cheveux d'hommes et de femmes. Ce sont des personnes, qui souhaitent remercier Muruga, sans subir les souffrances extrêmes.
L'avenue n'est pas qu'un immense marché, c'est une vitrine de l'artisanat de Georgetown. Des étals débordent de bijoux traditionnels en argent, en pierres précieuses et en or.
L'atmosphère est animée devant les saris et les tissus colorés. Les femmes sont drapées dans de magnifiques tissus de soie et de coton. Notamment des saris de teinte orange, et brodés de fils d'or.
Le bruit est à son paroxysme, la procession passe, accompagnée des tambours et des chants, mais le bruit ahurissant des baffles, qui crachent des musiques traditionnelles et occidentales, est infernal.
Il est 18 heures, quatre ou cinq kilomètres nous séparent du centre-ville. Dans un champ, des familles entières pique-niquent dans le crépuscule naissant, à l'ombre des arbres, la température est clémente.
Devant un temple, une scène incroyable se déroule, dans une ferveur collective, frôlant souvent l'hystérie.
Un char, décoré de mille couleurs est tiré par des hommes, il est maintenu par des cordes, attachées à des crochets volumineux, fixés par rangées, sur la peau du dos !
Il fait nuit lorsque l'on prend une douche réparatrice à notre logement.
Sur la pelouse du Parc, face à City Hall, une fête se déroule, en l'honneur du Nouvel An chinois,
L'événement majeur de l'Asie est discret cette année. L'inquiétude gagne du terrain en Malaisie.
L'épidémie de coronavirus a fait des victimes en Chine. Les autorités malaisiennes, ont interdit l'accès au pays, aux touristes chinois.
Devant l'hôtel de ville, de grandes tables sont dressées avec des plateaux de fruits, de charcuterie et de plats préparés. Sur une estrade, des artistes exécutent un spectacle traditionnel et des chants qui drainent une foule considérable et enthousiaste.
C'est notre dernière soirée.
Nous bouclons nos sacs, car demain matin, nous prenons l'avion à 9 heures, pour Bandah Aceh sur l'ile de Sumatra.
Dimanche 9 février 2020
Nous réveillons le gardien à 5 heures. Sac sur le dos, nous partons à pied à la station routière Konta, à seulement 500 mètres.
Le conducteur du bus n° 401E, démarre à 6 heures 30. Trente minutes plus tard, nous sommes à l'aéroport, devant le comptoir de la Compagnie Firefly. Le voyage continue sur l'Ile de Sumatra...
Selamat tinggal Georgetown
Au revoir Georgetown
Selamat pagi Bandah Aceh
Bonjour Bandah Aceh
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À la suite de notre périple sur l'ile de Sumatra, le retour en Malaisie, était prévu le vendredi 20 mars.
Nous devions prendre un vol à l'aéroport de Padang (Sumatra) pour Kuala Lumpur. J'avais prévu un séjour de 4 jours dans la capitale. Le vol retour, pour Paris était fixé pour le 24 mars.
À cause de la pandémie du Coronavirus, cette dernière étape du périple est annulée.
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Avis sur la 2ème partie en Malaisie
Ipoh
Cette grande ville mérite une visite.
Absente des brochures des Tours-Opérateurs, elle conserve quelques superbes édifices coloniaux, et des quartiers populaires chinois et indien, animés et colorés.
Il n'y a que très peu de touristes, alors rechercher les graffitis dans les vieilles rues, est un vrai plaisir.
Découvrir des temples dans les grottes (nous en avons visité qu'un, mais il y en a bien d'autres), et s'extasier face aux trésors architecturaux de Kuala Kangstar.
Mais tout ça se mérite car il fait chaud à Ipoh... Très chaud !
Ile de Pangkor
Le charme de l'ile ne se résume pas qu'à ses plages, il faut rechercher les activités populaires. L'ile est "travailleuse". Pas de bling-bling...
Il faut faire, avec un sens aigu de la curiosité, le tour de l'ile en scooter. Nous avons aimé l'accueil de tous les iliens en général.
Une pépite à découvrir tant qu'il est temps !
Georgetown
Il est difficilement, lors de la préparation du voyage d'imaginer Georgetown et l'esthétique de sa vieille ville. La cité est très cosmopolite, les ethnies semblent cohabiter avec facilité.
Suivant les quartiers, nous avons l'impression de changer de pays à chaque angle de rue. Chaque recoin regorge de surprises.
Art urbain, gastronomie de rue, architecture des monuments... Il y en a pour tous les goûts, quel l'on soit amoureux des vieilles pierres, ou gourmands, d'une cuisine diversifiée et raffinée.
Le clou de notre séjour fut la fête du Thaipusam. Impressionnant et unique, difficile pour un occidental de comprendre cette ferveur religieuse partagée par les fidèles et les pénitents.
Attention, âme sensible s'abstenir !
Notre avis sur la Malaisie
La population
La tradition demeure très présente dans le pays, mais suivant les communautés, les contacts sont différents. Les Malais d'origine indienne et chinoise, sont beaucoup plus "occidentalisé".
La gentillesse et la discrétion caractérisent toutes les communautés. Les Malais sont très accueillant, nous avons fait de très belles rencontres.
Les paysages
La Malaisie est une terre de contrastes qui présente de profondes différences. La partie centrale, présente une formation montagneuse, qui offre des paysages aux horizons ouverts sur de sublimes plantations de thé. À quelques kilomètres, dans le Parc Taman Negara, c'est la jungle malaise de la plus ancienne forêt primaire du monde.
Le sud, jusqu'à la frontière avec Singapour. Le paysage, révèle des milliers d'hectares, consacrés à la culture de l'huile de palme, entrainant la déforestation des forêts.
Quelques minutes de bateau, et des plages de rêve sur l'ile de Pangkor ou celles de l'ile Tioman.
La sécurité
Le pays est considéré comme l'un des plus sûrs du Sud-est Asiatique. Nous nous sommes toujours sentis en sécurité.
La religion
Du fait du brassage important des différentes ethnies, de nombreuses religions sont présentent dans le pays.
Avec les différentes styles architecturaux des édifices religieux, c'est une aubaine pour un touriste de faire plusieurs voyages dans une seule destination.
La gastronomie
La gastronomie malaise, est le reflet des influences de sa population multiraciale, malaise, chinoise et indienne. C'est une harmonie de saveurs épicées, sucrées et salées.
On retrouve souvent les aliments de base : riz et nouilles. Beaucoup de poulet, boeuf et du poisson.
La différence relève de la façon de cuisiner. Nous avons mangé de simples pâtes, mais accommodées de façon royale, avec des variétés de sauce qui font toute la différence.
Il est possible de manger à toutes les heures du jour, comme de la nuit...
Le climat
Chaleur et humidité. Nous avons été gâtés, peu de précipitations, surtout sur l'ile de Tioman.
Nous avons appréciés la région des Cameron Highlands. Avec son altitude, la température baisse.
Chaleur caniculaire à Ipoh.
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Le coût de la vie
Budget transport
Les déplacements en bus sont parfaits. Des terminaux modernes. Des bus confortables. Des prix très abordables.
Budget hébergement
Tous nos hébergements ont été trouvés sur place, sans réservation au préalable. En direct, en lisant le Lonely ou avec l'aide du mobile, sur Booking.com.
Le choix est diversifié. Dans les guest houses, il y a des dortoirs, mais toujours des chambres privées, avec salle de bain. La qualité de la literie est à souligner.
En moyenne, la nuit pour une chambre double : 75 Rm. (15€).
Budget nourriture
Se nourrir ne coûte pas cher, surtout dans les marchés et dans les food courts (les stands de nourritures).
Un plat, dans la rue, coûte en moyenne 2.20 €.
Un repas dans un restaurant populaire 10€. Le repas est bien plus cher dans un bon restaurant indien ou chinois.

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